Moulins troisième

Le 9 juillet, nous avons passé une journée entière à Moulins, dans l'Allier et nous avons découvert une petite ville charmante, pleines de trésors à découvrir, notamment des musées qui organisent des expositions temporaires tout à fait intéressantes. Troisième et dernier volet de la première journée

La pluie s’est enfin calmée. Nous sortons à l’air libre. Le soleil pointe son nez. Nous traversons un jardin et nous dirigeons vers le pavillon d’Anne de Beaujeu. C’est un des rares vestiges, avec le donjon du XVIe siècle, qu’on appelle la Mal coiffée, du palais ducal. C’est aussi tout ce qui reste des aménagements et agrandissements commandés par cette princesse vers 1495. Cette façade est, paraît-il, un des premiers bâtiment de style renaissance construit en France. On y retrouve les grandes ouvertures, les décors ciselés, une certaine élégance légère. Dans le hall d’accueil, une maquette, celle du château tel qui devait exister à l’époque d’Anne de Beaujeu, donne une idée de la taille de l’édifice. Je me demande toujours comment de tels monuments peuvent quasiment disparaître… Alors que c'est peut-être leur survie qui est étonnante...



Le pavillon abrite un musée où l’on peut visiter quelque six salles où on trouve de très belles statues moyenâgeuses, notamment une vierge montrant téton, quelques statues renaissance, des tableaux du XIXe dont un délicieusement pompier représentant l’enlèvement d’une Gauloise par des Normands, des vestiges archéologiques, dont une molaire de mammouth qui a fortement impressionné les filles, d’autant qu’elle était placée non loin d’une molaire de cheval. Une salle présentait des faïences de toute beauté et quelques Gallé. Une autre des objets usuels du XVIIIe et XIXe siècle, dont des couteaux de luxe fabriqués à Moulins. Et puis l’exposition temporaire sur l’influence de l’Asie (et notamment du Japon) sur l’art européen. Assez peu d’objets à voir, mais très beaux, très bien exposés et surtout des textes accompagnateurs très intelligents.



Pendant que je parcours les salles à mon rythme, Garance et Léone le font au leur. Elles racontent les tableaux à la surveillante des salles. Celle-ci me complimente, elle a rarement vu des enfants aussi intéressantes et aussi intéressées par ce qu’elles voient. Et devant la toile La première mort de Juliette, elle me dit, admirative, montrant Garance : « Elle m’a même raconté toute l’histoire de Roméo et Juliette. » Je ne lui révélerai pas que ma fille ne tire pas son savoir de Shakespeare, mais plus banalement d’un film avec Leonardo DiCaprio. Après tout, l'important est le contenu, pas le flacon. J'ai été longtemps incollable en histoire grâce à Alexandre Dumas. La Reine Margot, La Dame de Monsoreau, les Quarante-Cinq m'ont rendue imbattable sur la généalogie des rois de France, d'Henri II à Henri IV...



La visite terminée nous nous dirigeons vers un autre musée, celui de l’illustration, rue Voltaire. Il est situé dans un magnifique hôtel particulier, l’hôtel Mora. Sa vocation est de conserver et d’exposer les œuvres des illustrateurs des livre de jeunesse depuis 1950. A ce jour, il possède quelque trois cents œuvres de vingt-trois artistes différents. Mais s’il les conserve bien, le centre ne les expose pas. En tout cas, pas tout le temps. Car le plus souvent, il préfère mettre en valeur l’œuvre d’un seul, que l’on découvre dans toutes ses facettes. En ce moment, l’expo concerne Martin Jarrie et c’est tout à fait passionnant. Dans une première salle, un petit film explique l’art de l’illustration d’ouvrage de jeunesse, comment elle se crée, à partir du texte, comment elle interragit avec lui. Puis, on entre dans la vie de Jarrie, ses œuvre de graphiste du temps où il travaillait pour la publicité, ses premières planches, ses inspirateurs : l’enfance dans une maison qu’il voyait comme un bonhomme géant, puis les peintres tel Giotto et Chirico. Et puis aussi les catalogues, dont le Manufrance qu'il collectionne. En dix planches, il raconte son univers et c’est tout à fait passionnant.



On découvre ensuite une immense machine sur laquelle se succèdent les planches où Jarrie explique sa façon de travailler. Et puis les salles se suivent. Dans chacune d’elle, un ou plusieurs thèmes, les illustrations originales et les ouvrages qu’elles illustrent, en libre disposition. Bref, quand on sort de là, on sait tout sur le bonhomme. Les deux grandes se sont prises au jeu et ont pratiquement lu toutes les accroches très ludiquement présentées. Ont répondu consciencieusement au questionnaire distribué à l’entrée. Surtout Garance. Mais Léone a couru de salle en salle. Elle est encore petite pour intégrer seule autant d’informations. Quand elle découvre la bibliothèque, elle s’y installe, bien confortable, afin de feuilleter les merveilleux albums des illustrateurs qui ont déjà été honoré d’une exposition en ces lieux. Certains sont absolument magnifique.



Nous redescendons au rez de chaussée pour entrer dans une salle où Zau expose les peintures faites pour le livre sur les cuisines du monde. Un voyage autour du notre planète en vingt-trois tableaux plein de couleurs et dans lesquels on retrouve bien l’ambiance des pays visités : Pologne, Norvège, Japon, Chine, Sénégal, Réunion, Chili, Pérou, Antilles, Canada, etc. Un livre de géographie culinaire dont les recettes sont réalisables pour les enfants.



A la sortie, nous craquons et achetons le livre, le catalogue de l’exposition de Jarrie, ainsi que deux autres. L’hôtesse nous donne de très nombreux marques pages réalisés à l’occasion du salon de l’illustration de jeunesse qui a lieu tous les ans, ici, à Moulins. Cette exposition était tellement passionnante, que je me dis que je me prendrais bien des week-ends pour faire l’aller retour Moulins Paris.

Musée de l'illustration


Dehors, il fait beau, la ville lavée par la pluie s’habille de l’or de la fin de journée. Il fait bon. Nous rejoignons la voiture en flanant. Puis quittons la ville. Derrière, le ciel est noir, très noir. Des éclairs traversent le ciel. Mais devant, c’est le grand soleil. La tempête nous suivra jusqu’à Lapalisse, mais mettra plus d’une heure avant de nous frapper. Quand même, nous aurons eu de la chance avec le temps aujourd’hui.


Nous avons quitté Moulins un peu frustrés parce qu'il restait beaucoup à voir, notamment le musée des costumes des arts scéniques, alors nous y sommes retournés. Mais ça, je vous le raconterai une autre fois... Pour les photos, vous cliquez, et hop, vous en voyez plus. Magique !

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