Vingt-quatre heures (der)

J’ai donné rendez-vous au Nôm à la sorte du métro, à l’entrée de la gare. Léone partant à 9h15, il doit arriver entre 8h15 et 8h30. Il n’est que 7h30. J’aurais pu emmener Léone avec moi, mais outre qu’il me semblait injuste de la sortir du lit à 5 heures du matin, je me voyais mal me trimballer trois bagages et trois gamines mal réveillées. Supernana, d’accord, mais j’ai des limites…

J’ai presque une heure à tuer avant l’arrivée du ère et de la fille. Que faire… Je descend lentement vers le lieu de rendez-vous. Mais je constate, une fois en vas, qu’il n’y a rien pour s’asseoir. J’ai les chevilles qui me rentrent dans les tibias, les tibias dans les genoux, les genoux dans les cuisses, etc. Bref, je me tasse et ça commence à faire mal.

Heureusement pour moi, près du kiosque à journaux, traîne un chariot. Je le regarde, et plus je le regarde, plus je me dis qu’il est mon sauveur, ma solution. Mais il me faut bien un quart d’heure pour me décider. Finalement, je pose mes fesses dessus et je vois que cela est bon. Formidable même. Jamais je n’aurais imaginé qu’un chariot puisse être aussi confortable.

Pendant les trois quarts d’heures qui suivent, j’observe la foule qui apparaît derrière les portes du métro. C’est comme un grand spectacle de marionnettes. Je vois des pieds, rarement des têtes. Et puis d’un coup, les portes s’ouvrent, et c’est tout un groupe de gens que je vois se ruer vers moi. Des hommes des femmes de enfants. Mais j’ai beau réclamer et battre des pieds, pas de Guignol à l’horizon, juste une foule bigarrée de personnes hétéroclites.

Certains courent, d’autres traînent. D’autres encore passe devant moi pour aller acheter un journal. Les unes à l’effigie de Zidane partent comme des petits pains. Un groupe de jeunes sportives transportent dans de grands sacs ce qui ressemble à des vélos. Elles sont chargées au point de ressembler aux sherpas qui affrontent les grands sommets.

Je repère assez facilement les familles dont les enfants partent en colonie. Ils cherchent tous le hall Pasteur, ils ont dans les mains de grandes enveloppes estampillées Mairie de Paris et le même nombre de bagages que d’enfants. Et puis enfin, je les vois tous les deux. Je les appelle. Léone m’entend avant de me voir, je la regarde qui me cherche des yeux. Elle se précipite dans mes bras, comme si elle revenait au lieu de partir.

Après un petit câlin et plein de bisous tout doux, nous partons à la recherche du hall… Vaugirard. Eh oui, les grandes transhumances estivales ont cet avantage, qu’elles vous font visiter tous les coins et recoins des gares… Celui-ci est encore plus loin. C’est bien ma veine. Nous sommes accueillies par de jeunes animatrices charmantes qui prennent non seulement les papiers, mais aussi les bagages. Les plus petits bénéficient d’un transporteur pour les sacs. Ouf !

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Et c’est reparti pour l’attente. De nombreux parents doivent aller travailler. Ils embrassent leurs mômes et s’en vont vite, vite. Pas une larme. Les gamins sont pris en charge par les jeunes filles qui ont l’air très compétentes. Pourtant, pour la plupart, c’est le premier départ, le premier adieu à papa maman… Léone a sa mine… non, elle n’a pas de mine particulière. Elle fait comme nous, elle attend.



Le train a du retard. Je ne sais plus comment je tiens. Il n’y a rien pour s’asseoir. Sauf les wagonnets pour les bagages. Je m’affale, Léone me rejoint, nous nous faisons un câlin. Et puis c’est le signal. Les enfants, main dans la main et deux par deux suivent les monitrices. Léone, c’est ma main qu’elle préfère. Elle est sérieuse. Elle sourit de temps en temps. Elle observe.



C’est à son tour de monter dans le wagon, elle me colle une grosse bise, serre son papa dans ses bras et grimpe. Nous essayons de la suivre, pour voir où elle va s’asseoir. Elle part dans un sens, puis dans l’autre. Elle tient par la main une autre petite fille. Elles se sourient et s’installent l’une à côté de l’autre. Léone n’a pas un regard pour nous. Elle enlève son blouson, sort ses crayons de son sac. Elle prend ses marque. Puis elle remarque enfin les deux andouilles de l’autre côté de la vite. Elle nous sourit mais fronce les sourcils et nous fait un signe de la main. Elle voudrait bien qu’on parte. J’essaie de prendre des photos à travers la vitre. Le train siffle, il va partir. Un dernier baiser envoyé du bout des doigts, un dernier sourire, et elle est partie. Je suis fatiguée. Tiens, j’ai les yeux plein d’eau.



Je me suis traînée sur le chemin du retour, encouragée par un Nôm compatissant. Les couloirs, le métro dans lequel j’avais peur de m’endormir, les couloirs à nouveau, les escaliers. Nous nous sommes arrêtés pour acheter une baguette de pain. J’ai pris un bon petit déjeuner, avec mon thé préféré. Puis j’ai été me tremper dans la baignoire où j’avais installé le filet qui fait des bulles et donc des remous, moyennant un bruit tout à fait supportable quand on n’entend déjà plus rien. Je m’y suis endormie. Puis je suis sortie, râfraichie par l’eau froide, les muscles dénoués. J’ai été embrasser le Nôm et j’ai couru vers mon lit, qui m’avait tant manqué.

Il était 11 heures…


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