Vingt-quatre heures (4)

Arrivée dans l'appartement, je pose mon sac et commence à préparer les sacs à dos de Garance et de A., sa copine. Elles emporteront là-dedans quelques livres, leur pique-nique, leur petit-déjeuner. Heureusement que j'ai demandé au Nôm de préparer les sandwichs hier soir, je n'aurai pas vraiment eu le temps de le faire ce matin. Je réveille les deux mousmés qui dorment emmêlées l'une à l'autre dans le grand lit de Lou, avec la chaleur qu'il fait… Les enfants, quand ils sommeillent ensemble aiment à se rassurer en se rapprochant.

Léone est dans son lit, une fois n'est pas coutume, elle se retourne et marmonne dans son sommeil. Les deux grandes se faufilent dans le salon pour s'habiller. Dix minutes plus tard, nous sommes prêtes à partir. Je décide de prendre le métro plutôt que d'appeler un taxi. Le trajet est direct et si les deux sacs sont un peu lourds, ils sont quand même portables. Dans la rame, Garance me tient la main. Nous nous regardons de temps en temps, avec un sourire.

Arrivées à destination, il nous faut nous enquiller les kilomètres de couloirs, le tapis roulant ne fonctionne pas, grrrr. Je m'étonne d'être encore aussi fraîche. Dans la gare, il faut encore longer les quais pour arriver au hall Pasteur, installé au-dessus des voies. Les sacs commencent à se faire lourds au bout de mes bras. J'enregistre les filles. Commence une autre attente. C'est amusant de voir arriver les autres parents et leurs enfants, de les observer. Au moins, cela occupe. Ainsi, cette femme avec son fils, qui tient absolument à placer au moniteur qu'il y a dans le dossier une lettre pour le directeur, que ce n'est rien du tout, juste pour dire que son fils est ultrasensible, à fleur de peau. Elle-même a l'air si angoissée que je ne donne pas cher des nerfs du gamin au moment du départ. Une famille arrive, la mère et la fille (environ 7 ans) tirent de lourdes valises, suivies par le père et le flls (dans les 11 ans), les mains dans les poches. C'est forcément quelque chose que je remarque. Comme j'ai noté avec amusement que la femme, et la petite d'ailleurs, était toute de rose vêtue et que les hommes étaient habillés de bleus de pied en cap. Peut-être juste une coïncidence, mais elle est troublante.

Deux mères arrivent avec leurs garçons. Leur façon de vouloir passer devant tout le monde, de parler à leur progéniture comme s'ils étaient des dieux vivants me rappelle certaines caricatures de mères méditerranéennes. « Il est beau mon fils, non ? Hein, qu'il est beau mon fils… » J'ai des amies qui disent cela en rigolant. Ce n'est pas le genre de ces deux-là.

Un premier groupe part vers le train. Celui-ci est immense et bien sûr, le wagon de nos enfants est en tête. Encore de la marche, je porte toujours les sacs. Mais je suis la première à monter dans le train. 'J'ai donc toute la place que je veux pour me débarrasser – enfin ! raaaaa, c'est bon – des bagages. Je redescends et rejoins Garance et sa camarade sur le quai. Je glisse quelques mots gentils à la seconde. J'ai quelques scrupules à faire de gros câlins à Garance devant elle, dont la maman n'est pas là, mais avec mon autre fille… Mais bon, ma fille, c'est ma file, c'est même ma Garance chérie d'amour, elle est belle ma fille, hein ?…

Je la serre dans mes bras, lui colle de gros bécots sur les joues. Elle me les rend en riant « Maman, tu m'étouffes. »

Les enfants montent dans le train. Nous sommes censés attendre le départ du train, au cas où… La maman angoissée se désole de voir son fils pleurer à chaudes larmes, mais elle a tout fait pour. Une autre se retient à grand peine. Du coup, fiston craque aussi. Moi, je fais le clown, bien relayée par Garance. Son amie se gondole. Nous formons un drôle de trio, joyeux, au milieu d'un océan de tristesse. J'ai aussi la gorge serrée, mais je ne connais pas de meilleur dérivatif que le concours de grimaces que je gagne à coup sûr… Autour de nous, certains commencent à sourire, puis à rire franchement. Mais, putain, il va partir ce train, parce que j'en ai assez de donner le change. Je suis fatiguée et je sens que Garance, la vaillante, commence à fléchir aussi. Enfin, le convoi s'ébranle. Une femme se met à courir en laissant sa main sur la vitre. Elle se fait vertement engueuler par le chef de gare qui lui crie qu'elle risque de se faire happer. Elle ne l'entend pas. Le train ralentit, puis s'arrête.Damned, qu'est-ce qui se passe encore. Les mères (et les pères) se regardent, ne sachant que faire, partir ou rester.Finalement, nous restons, mais nous ne nous approchons pas du wagon, inutile de remettre le couvert de l'émotion. Au bout d'un quart d'heure, les portes s'ouvrent. Descendent de la voiture les deux méditerranéennes qui détalent comme des lapines. Elles étaient montées dans le train en dépit des consignes pour installer leurs précieuses progénitures et avaient oublié de descendre avant le départ. Le contrôleur, furieux, a voulu leur dresser un procès-verbal : 150 euros chacune. D'où leur course pour échapper à l'amende.

Le tain, lui, est reparti, avec une demi-heure de retard. Les mères s'égaient. Je me dirige vers la buvette pour grignoter un croissant et boire un café. La fatigue commence à me tomber dessus.

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