Les fourmis rouges



Il est là près de moi. Son bras pèse sur ma hanche. Je sens son souffle dans mon cou. Il dort. il est si beau quand il dort. Ou est-il parti ? A quoi rêve-t-il ? Mon amour… Le soleil de printemps n'est pas encore très chaud, mais il fait bon. Hier nous étions sous la pluie, dans la grisaille de Paris. Il m'a appelée et m'a donné rendez-vous près des Invalides. Soit à l'heure mon amour. Je ne veux plus te lâcher de tout le week-end… Quand je l'ai retrouvé, il m'a bandé les yeux, a hélé un taxi et ne m'a rendu la lumière que devant le comptoir d'embarquement. Il avait un sourire canaille et deux billets d'avion à la main.
– Connais-tu Nice mon amour ?…
Nice, une promesse de soleil et de douceur de vivre, les mimosas en fleurs et le soleil de printemps… Il avait tout prévu, les billets, l'hôtel et la valise pour trois jours. Je ne m'étais aperçu de rien…
Et aujourd'hui, nous sommes là, allongés sur les galets qui me rentrent dans le dos. Mais pour rien au monde je ne bougerais. Il fait bon, il fait doux et je suis avec lui qui dort et rêve tout près de moi.
Tu te rappelles on s'était couché
Sur un millier de fourmis rouges.
Aucun de nous deux n'a bougé.
Les fourmis rouges.

Mon Dieu qu'elle elle belle. Et douce. Et tendre. Je suis plus heureux qu'un roi. Elle est là, près de moi. J'ai passé une main sur ses hanches, pour l'arrimer à moi. Qu'elle ne s'échappe pas. Elle croit que je dors, mais entre mes cils je l'observe encore. Je ne bouge pas. Je la regarde. Son nez, sa peau, ses cheveux, son odeur. Je voudrais la prendre tout entière.
Hier, je lui ai donné rendez-vous aux Invalides et trois heures après nous étions au paradis. Nice au printemps, pas un chat, du soleil, que demande le peuple. Il fait bon. Un temps pour être en amour, un temps pour rester près de son amour...
Ce matin, nous avons décidé de remonter la promenade des Anglais. J'ai été un peu surpris par les galets, je croyais à une plage de sable, comme à Cannes. C'est égal. Il fait bon, chaud, doux et mon amour est dans mes bras. Qu'importe ces galets qui me rentrent dans les côtes. J'oublie le temps, j'oublie le mal, les cailloux. Il n'y a que le vent, son odeur, mon bras autour de sa taille, sa main sur moi, son air rêveur et son sourire bienheureux.
Est-ce que quelque chose a changé ?
Couchons-nous sur les fourmis rouges
Pour voir si l'amour est resté
Et voir si l'un de nous deux bouge,
Couchés sur les fourmis rouges.

Il fait bon aujourd'hui. Il n'y a pas grand monde. Mais un peu quand même. Qu'est-ce qu'on est bien ici en avril. Je me demande comment je vivrai ce mois l'an prochain, quand je serai retournée dans cette grande ville, là haut, au nord. Il va falloir que je m'habitue au gris, à la pluie, peut-être au froid. C'est égal, mon Il me tiendra chaud.
La lumière est belle. Idéale pour prendre des photos… Le papy solitaire qui marche près de la mer, il est émouvant… Hop là, j'ai failli me faire rentrer dedans par ce gamin en rollers. Il est avec son père. Ils sont trop marrants ces deux-là.
La dame là sur le banc, avec sa robe rose et son chapeau. Très printanière. Elle a un bel appareil photo sur les genoux. Et la petite fille qui court, elle a les mêmes cheveux que ma nièce, tout bouclés et légèrement roux. C'est joli dans le soleil. Mon enfant, comment sera-t-il ? blonds, châtain ou roux comme ma mère ? Tiens ! Près de la mer, il y a un couple allongé sur les galets. Ils sont côte à côte, mais ils ont l'air à des années lumières l'un de l'autre… Lui se prend en photo. Il s'ennuit. Il voudrait être ailleurs, loin, pas ici sur les galets en tout cas…
Eux par contre, c'est l'osmose. Ils sont beaux. Il est sur le côté et n'a d'autre horizon qu'elle, qu'il tient par la taille. Et elle, elle a posé la main sur son homme. Un main légère, douce, mais comme aimantée. On a l'impression qu'ils dorment, mais tout en eux parle d'amour. Pourtant les galets, ce n'est guère confortable… Cela me rappelle cette chanson de Jonasz, Les Fourmis rouges
Tu te rappelles on s'était couché Sur un millier de fourmis rouges.
Aucun de nous deux n'a bougé.
Les fourmis rouges.
Est-ce que quelque chose a changé ?
Couchons-nous sur les fourmis rouges
Pour voir si l'amour est resté
Et voir si l'un de nous deux bouge,
Couchés sur les fourmis rouges.

– Hé ! salut Lorent, comment vas-tu ?
– Ça va, ça va, qu'est-ce que tu regarde ?
– Les amoureux, là, en bas…
– Moi je dis, si tu es prêt à te rouler dans les cailloux par amour, alors respect :))
– Comme tu dis, respect !!! ;-)

Ceci est ma participation au Diptyque 2.9 quand on n'a que l'amour. L'histoire de la photo de Luciole. Qu'elle et Lorent me pardonne de leur avoir chiper leur dialogue :-)


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