Velvet Light

Tenez, nous vous avons apporté une photo qui devrait sans doute vous rappeler des souvenirs…



– Ha oui, je m'en souviens. C'est marrant que vous l'ayez…
– C'est Michel Bérard qui nous l'a donnée.
– Michel ? Tiens, il est encore en vie ? (Rires.)
– Vous pourriez nous en parler ?
– De la photo ? Oh ! Vous savez, il n'y a pas grand-chose à en dire. C'était en 2005 ou en 2006. J'étais encore avec les Red Cats. Nous venions de finir d'enregistrer « Velvet Light ». Nous cherchions un visuel qui corresponde à l'ambiance des chansons. C'est Anideg (une artiste québécoise, NDLR) qui nous a présenté ce projet. Je la connaissais un peu et j'aimais beaucoup son univers. J'étais emballée par la photo. Mais les garçons n'en ont pas voulu…
– Sauriez-vous nous dire pourquoi ?
– Peut-être parce que je figurais seule sur la photo. Peut-être parce qu'ils trouvaient cela trop féminin. Mais tout de même, c'était beaucoup plus proche de l'album que la pochette que nous avons finalement choisie.
– Et qui est très très loin de cet univers. On vous voit tous les cinq, vous traversez une rue.
– Une imitation un peu puérile d'« Abbey Road », des Beatles. C'était un peu casse gueule. La référence Beatles était déjà trop ancienne à cette époque. L'image qu'on en avait, c'était McCartney épousant une unijambiste, Ringo Starr jouant le pitre parvenu, Harrison, dont on ne savait même plus s'il était vivant ou mort. Il n'y avait que Lenon qui restait une icône. Mais une vieille icône quand même. Nous étions un peu décalés. On aurait pu faire un grand dérapage.
– Vous êtes dure avec les Beatles. C'est une référence.
– Bien sûr, c'est un très grand groupe. Sans doute très novateur pour son époque. Mais nous avions 20 ans et cela faisait déjà plus de trente ans qu'il s'étaient séparés. Pour nous, qui étions quand même incroyablement incultes, comme pour la majorité de nos fans, ils ne représentaient pas grand-chose. La musique de nos parents, voire même de nos grands-parents. A choisir dans les groupe de papis, moi, je me sentais plus proche de « London Calling » des Clash. En plus…
– Les Clash ? On est vraiment loin de cette photo.
– (Elle éclate de rire.) Ça n'a rien à voir, c'est vrai. Mais je ne vous parle pas de la musique que nous faisions mais de celle que j'écoutais, que je connaissais… Dans les références, les miennes, c'était les Clash. Et avant Janis Joplin. Je me souviens du disque ou elle est allongée sur un canapé, avec une espèce de chapeau totalement loufoque qui ressemblait à un boa (« Peal », NDLR). Total hippie, c'était super, tout une époque ! Et quelle voix !
– Alors ceux qui vous inspiraient, ceux de votre époque on va dire, c'était qui ?
– Eh bien curieusement, c'était des gens encore plus vieux. Comme le Buena Vista Social club, par exemple. Ou le jazz bossa de Stan Getz de Joao Gilberto. Et puis aussi U2, surtout les gaçon, moi j'étais pas vraiment fan, PJ Harvey, Dominique A, Noir Désir, un peu de techno, mais pas trop, un peu de rap, mais du bon… Mais surtout, surtout, Björk.
– « Velvet Light » est devenu disque d'or, malgré la photo.
– C'est normal, c'était un bon disque ! (Elle sourit.) Je crois que nos fans n'ont pas vu la référence, c'est pour ça que c'était puéril. C'était trop loin d'eux, de nous. La couve leur a plu pour ce qu'elle était… Mais c'est la musique qu'ils aimaient. Et là, ça a été le jackpot, malgré les critiques qui, eux, ne nous ont pas vraiment aidé.
– Alors, cette photo, finalement, vous ne regrettez pas qu'elle n'ait pas été choisie.
– Regretter ? (Rires.) Non, désolée, vous ne sonnez pas à la bonne porte. De toute façon, dans ce métier, rien ne se perd. Quand le groupe a splitté, j'ai commencé une carrière solo, j'ai eu l'occasion de travailler avec Ani. Elle a fait plusieurs de mes covers. Ensuite, de nombreux groupes ont demandé à bosser avec elle. Alors il n'y a rien à regretter. Pourtant cette image, je l'aimais vraiment bien. J'avais adoré la prise de vue.
– Au point de vous en souvenir vingt ans plus tard…
– (Rires.) Vous autres journalistes, vous n'en loupez pas une. Je parie que vous savez pourquoi et vous espérez me tirer les vers du nez…
– Il y a des vers à tirer ?
– C'est ça, faites l'innocent. Eh bien si vous voulez le savoir, demandez donc au chat…

Ceci est ma participation au diptyque 2.6. L'histoire de la photo d'Anideg.


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