10 février 2006. Mort du cochon.

Evénement d’importance aujourd’hui, dans la maison d’en face : Tonton tue le cochon. Du coup, les filles ne veulent pas partir en promenade. Elles préfèrent aller voir découper l’animal. Elles n’ont pas vu la mise à mort, celle-ci a eu lieu à l’aube. Mais c’est le cri de l’animal qu’on égorge qui a réveillé Lou. Moi, je n’avais rien entendu.

Après le petit-déjeuner, je ne les ai plus beaucoup vues. Lou est juste revenue pour me demander si je veux acheter de la viande. Comme j’ai donné mon accord, Tonton m’a mise de côté 2,5kilos qui iront dans le congélateur et voyageront dans la glacière.

A la campagne, quand le cochon est tué, les propriétaires en gardent une partie et vendent l’autre. Certains morceaux récompensent ceux qui ont aidé. Parce que c’est du sport. Attacher la bête, qui ne se laisse pas faire, égorger l’animal proprement et récolter son sang. Puis, une fois qu’il est mort, l’ébouillanter pour pourvoir lui enlever tous ses poils (ici, les cochons ont le poil abondant et noir), puis nettoyer la peau, pendre l’animal pour mieux le découper. C’est un spectacle dont mes deux aînées ne se lassent pas. Léone, elle, préfère éviter. Cela ne la branche pas du tout. Alors qu’elle a à peu de choses près le même vécu que ses sœurs, elle est beaucoup plus citadine : les odeurs fortes la dérangent, elle ne supporte pas la boue, le sang, les animaux… Bref, c’est une fille de la ville.

La dernière fois que Lou à assisté à l’opération cochon, elle a réalisé un très beau reportage photo, assez complet. Les cadrages étaient intéressants, les prises de vue en noir et blanc étaient particulièrement réussies. Quand elle a mis ses photos en ligne, elle a reçu un nombre de commentaires assez important sur les sévices infligés à cette pauvre bête qui n’avait rien fait. Elle n’a pas vraiment compris pourquoi, vu que « quand on mange de la viande, il faut bien la tuer ». Le lendemain, elle a refait une série sur la confection du boudin, jouant sur les oppositions de couleurs. Certains clichés étaient vraiment superbes.

Aux environs de 10 heures, nous prenons la voiture pour aller sur le terrain, là où le Nôm construit notre future maison et que nous ne pouvons pour le moment finir faute de moyens (c’est d’ailleurs à cause de cela qu’il a refusé de venir). La dalle de béton est couverte de mousse et de liseron. Difficile d’imaginer qu’un jour, ce sera une jolie case bien propre. Les filles, elles, le visualisent très bien. Elles en sont à se disputer pour savoir qui aura telle ou telle chambre. Elles se mettent à jouer à la famille venant de s’installer dans sa belle maison toute neuve. Trop mignonnes.

Nous repartons (elles font la tête) pour filer à la poste envoyer la dizaine de dessins et de petits mots qu’elles destinaient à leur père. Il a fallu pas moins de trois enveloppes. Et encore, je n’ai pas tout mis, un autre colis est déjà prêt.
Nous retournons au centre commercial afin d’acheter le matos qui nous manque pour la plage. Il ne reste rien de ce que nous avions acheté la fois précédente, ni pelle, ni seaux, ni râteaux, juste les tamis (mis yasmina est sans doute passée par là). J’ai également acheté une paire de palmes à Garance (les siennes sont parfaites pour Léone), un masque (le sien prend l’eau) et un maillot de bain à Léone. Enfin, j’ai trouvé deux rabanes qui remplaceront efficacement celles qui tombent en ruine dans ma malle. Nous étions fin prêtes pour une expédition.

Du coup, nous rentrons à la maison affamées et assoifées. Ma belle-mère n’étant pas là, j’ouvre le frigidaire pour préparer à déjeuner. Mais mon beau-père nous a préparé le repas. Et ça, c’est vraiment un scoop. Depuis dix ans que je le connais, je ne l’avais jamais vu utiliser une casserole. Se faire servir, ha ça oui. Mais cuisiner, jamais ! Au menu, il y a des figues (bananes vertes), des abats de porc (foie et cœur essentiellement) cuisinés dans une sauce absolument délicieuse. Mon beau-père est fier de son repas et il a de quoi l’être. Les filles commence par faire la tête, à cause essentiellement des bananes vertes qu’elles n’aiment pas. Lou ne veut pas de viande. Elle en mange rarement, elle n’en aime pas le goût. Je lui mets un petit morceau sans lui dire de quelle partie il provient. Je lui aurais dit que c’était du foie, elle ne l’aurait même pas goûté. Mais il semble que cela lui plaise puisqu’elle en reprend. Garance a tout mangé sans barguigner. Léone n’aime rien, sauf la viande, comme d’habitude. De toute façon, en ce moment, elle n’a guère d’appétit. Pendant une semaine, comme nous n’avons pu faire les courses, elle a bu l’eau du robinet, qui ne lui réussi pas. Ici, l’eau est « potable » (canalisations en piteux état la plupart du temps), mais les gens sont habitués. Les fifilles des villes, ça a l’intestin fragile…

Lorsque ma belle-mère rentre, quand elle voit ce que nous mangeons, quand elle apprend que c’est son mari qui l’a préparé, elle s’écrie : « Ha bon !!!! Parce qu’il sait faire quelque chose, lui ! » Elle refuse d’y toucher, préférant finir les restes de la veille. Que nous étions censé manger. Comme à chaque fois que ça ne tourne pas comme elle l’a organisé, elle est de mauvaise humeur. Son mari n’en faisant qu’à sa tête, cela lui arrive souvent. Ces deux-là passent leur temps à s’engueuler. Il paraît que Liliane a songé à se séparer de son mari, mais qu’elle a fini par trouver cela trop compliqué. Il faut dire qu’il est gentil, mais vraiment, vraiment emmerdant. Un vrai tyran domestique à l’ancienne : il ne fait rien dans la maison, attend qu’on le serve à table et donne des ordres à tout bout de champs (y compris pour ce qui est fit depuis longtemps parce que personne ne l’a attendu). Ce que la gent féminine de la maisonnée (nombreuse, surtout quand nous sommes là), accepte fort mal. De Lou à Nita, ma belle-sœur, en passant par moi et Liliane. Il vit sur sa planète et tient fort peu compte de ce qu’on lui dit. Ainsi, il va remplir d’eau du robinet la bouteille d’eau minérale de Léone, bien qu’elle ne soit pas vide. Ce qui fait que Léone ne peut plus en boire. Alors que j’ai passé une demi-heure à lui expliquer le pourquoi du comment et lui montrer que j’avais marqué toutes les bouteilles au nom de la petite. En pure perte. Je suis obligée de planquer les bouteilles dans ma chambre. Je ne compte même pas le nombre de fois où mes filles et moi l’avons vu à poil parce que monsieur ne pense jamais à fermer la porte mitoyenne entre ma chambre et la salle de bains et le fait ni celles où il a utilisé ma serviette pour s’essuyer probablement plus à la portée de sa main que la sienne. Le monde, son monde, doit tourner autour de lui. Cela ne l’empêche nullement d’être adorable avec ses petites filles et d’aimer sa famille. Alors, nous faisons avec.

L’après-midi, nous retournons à la plage de Bois-Jolan. Je veux profiter du peu de fond pour tester les masque, tuba, palmes. Mais Garance, à qui j’avais demandé de mettre le matériel dans la voiture, en a oublié la moitié. Seule Léone avait son équipement complet, et elle n’était pas la plus intéressée. Garance, du coup, s’est fait appeler Arthur. Au grand dam de nos voisins de plage qui m’ont pris pour une mégère non apprivoisée. Franchement, je les emmerde.
Nous installons le campement et partons jouer dans l’eau. En fin d’après-midi, miss dernière condescend à tester son matos pour regarder sous l’eau. Elle découvre alors, pour la première fois, les fonds marins, les petits poissons, les coquillages, les coraux et l’herbe. Même réaction de méfiance que ses sœurs, elle refuse de nager au-dessus. Mais je crois tout de même que cette petite expérience lui plaît énormément. Quand elle sera bien habituée, je les emmènerai dans un endroit où elles pourront voir de nombreux poissons. Je suis heureuse que Léone entre enfin dans notre bande de chasseuses de poissons. Chasseuses d’images s’entend car nous ne pêchons pas.

Vers 17 heures, comme il se doit, Lou commence à faire des pieds et des mains pour que l’on rentre. Elle ne veut pas rater sa telenovela débile. Nous prenons la route. La lumière est rasante, c’est la meilleure heure pour prendre des photos. Le soleil finissant habille d’or les paysages.

Paysage de Grande-Terre


J’aimerais bien, un soir, rester à Bois-Jolan pour le regarder se coucher. Il faudra alors que je convaincs Lou que c’est plus intéressant qu’un feuilleton. Ce n’est pas gagné. Elle est une pré-adolescente tout ce qu’il y a de normale : chiante et en même temps adorable. Elle fait la tête pour un rien, lance des remarques désagréables à tout bout de champs et n’a jamais envie de rien faire. Je l’ai menacée de la laisser à la maison. J’ai reçu en échange un regard des plus noirs. Elle viendra tout de même avec nous car, pour le moment, elle n’est pas encore assez ado pour pourrir la vie de tout le monde. Mais Dieu que je n’ai pas hâte que cela arrive…

En cliquant sur la photo, vous pourrez les voir en plus grand et avoir accès à toute la journée...
Je certifie par ailleurs que les couleurs n'ont pas été modifiées ni photoshopées…

Commentaires

1. Le vendredi 3 mars 2006, 18:47 par Eor

je guette avec beaucoup d'impatience chacn de tes billets!!! c'est bon ces rayons de soleil!!!!
Vivement la suite!!

2. Le vendredi 3 mars 2006, 21:18 par aude dite Orium

Tes filles sont décidement très belle. Vous avez eu vraiment de lachance. Ces photos, ca me donne envie, les ptits galères et la vie de famille un peu moins ;)

3. Le samedi 4 mars 2006, 09:44 par lo

La tuade, les beaux-parents et leurs chamailleries, ça me rappelle bien mes week-ends en Ardèche ça!

4. Le lundi 6 mars 2006, 17:44 par Akynou

Oui… Ça, j'ai l'impression que c'est un peu partout pareil :-)

5. Le lundi 27 mars 2006, 15:04 par bad boy 35

bonjour