Billete por Nographique

C'est la dernière fois que je participe à cette chaîne. Parce que je pars demain tôt en Guadeloupe et que là bas ma connexion (ni le temps que j'aurais le droit d'occuper la ligne de téléphone…) ne me permettra pas de surfer suffisemment pour trouver de nouveaux billets qui me plaisent . Et parce que j'espère bien qu'à mon retour, le ministre ce sera enfin réveillé et aura réintégré Garfieldd sans prendre aucune sanction, parce qu'il n'y a pas faute. Et que quatre mois de suspension et un mois de révocation, c'est largement suffisant. J'espère qu'en mars (et même avant, mais je reviens en mars), il ne nous restera qu'à pousser un soupir de soulagement avec un petit sourire de contentement.
Comme je le demandais à Mme Kozlika, si une décision est prise pendant mon absence, je ne vous remercierai jamais assez de m'en avertir via mon mail (en bas).
Et maintenant, place au billet, passionnant, de M. le Proviseur. Tous les parents d'élèves me comprendront…
Au théatre ce soir : les conseils de classe.
Par Garfieldd, jeudi 9 juin 2005 à 22:34 :: ¤ Au travail

4 conseils de classe de seconde, 36 familles convoquées en deux jours et demi pour tenter de trouver la solution, la bonne réponse à l'orientation des gamins de 16 ans qui n'ont objectivement pas les résultats permettant le passage dans la classe supérieure.

C'est en fait déstabilisant de voir les réactions des élèves en question : ce sont souvent des visages où se confondent les traits du presque homme et les traces de l'enfant d'hier.
Déstablilisant de voir se mêler le sourire de façade dont le jeune homme s'arme pour faire face devant les copains, et les larmes que le gamin qu'il reste encore cherche à retenir, alors qu'elles emplissent ses yeux, au moment où le proviseur prononce les mots fatidiques : "N'a pas le niveau pour passer en première, je propose le redoublement !"
Je ne me suis jamais reconnu dans les conseils de classe tels qu'ils sont mis en images dans les films ou les téléfilms que l'on voit parfois sur le petit écran. Certes un conseil de classe c'est une mise en scène, une dramaturgie, mais en aucun cas un stand de foire ou de tir aux pigeons où l'on règle ses comptes avec l'espoir secret de l'impunité, où l'on assassine avec les bonnes manières en usage entre gens bien élevés, où l'on vitriole l'élève avec les bons mots qui amèneront un sourire complice sur les lèvres des collègues. Ce n'est pas non plus un tribunal où la rigueur mathématique de la notation le dispute à l'humanité. Voire à l'affectif.
Un conseil de classe c'est un lieu où les doutes et les certitudes s'affontent, un endroit où l'on pèse les risques, les espoirs et la cohérence des décisions. Mais où une décision doit être prise. Constater qu'un élève n'est pas doué, n'a pas travaillé, n'a pas fourni les éfforts nécessaires n'est pas forcément facile à juger.
Il y a bien sûr des critères objectifs mais il y a aussi une part d'humain difficile à mettre en équation, et donc difficilement opposable à la sècheresse des moyennes.

Je reçois donc à l'issue des conseils de classes les familles lorsque le voeu formulé pour l'orientation des élèves n'a pas été suivi par une décision du conseil de classe allant dans le même sens.
Je viens donc de passer trois jours où la tension nerveuse, l'agacement, la fatigue n'ont pas le droit de prendre le pas sur la juste (?) appréciation de chaque situation individuelle.
La famille que j'ai reçu ce soir à 18h00 avait le droit à la même disponibilité, à la même qualité d'écoute, à la même volonté de répondre objectivement à un problème d'orientation que la famille rencontrée le matin à 08h30.
Bilan des opérations : 120 élèves de seconde, 36 convoqués à l'issue des conseils de classe et finalement 19 redoublements confirmés et (je l'espère acceptés et compris) et aucun cas d'appel.
Le plus étonnant dans cette aventure de trois jours ce n'est pas tellement le comportement des élèves. Ils sont dociles. Hasardent parfois un timide Ben je préfèrerais passer en première, mais finalement, peut être parce qu'ils sont déstabilisés par mon attitude, ils semblent accepter la décision que je prends.
Si je parle d'élèves déstabilisés, c'est parce qu'à l'évidence, ils ne s'attendent pas à rencontrer un proviseur qui ne leur assène pas l'image de leur paresse, de leur manque de sérieux, qui ne les engueule pas alors qu'ils connaissent le bruit de mes colères. J'en joue bien sûr pour leur faire accepter l'idée que ma proposition de redoublement éventuelle est le fruit d'une analyse objective de la situation, porteuse d'un jugement sain et d'un pronostic raisonnable. Je les sens perplexes lorsque je leur dis qu'il n'est plus temps de déplorer le manque de sérieux ou de travail mais qu'il faut maintement comprendre pourquoi ils n'ont pas réagi à temps, pourquoi l'année prochaine sera différente, pourquoi le redoublement est LA chance alors qu'ils n'imaginaient pas de salut en dehors du passage en première.
J'ai vu des élèves visiblement surpris, qui s'attendaient à un réglement de compte, avec les parents pour témoins, alors que j'essaie de les amener à se projeter de façon positive dans l'année prochaine et que je propose parfois même, contre toute attente le passage en première.
J'ai vu alors des sourires timides sur certains visages et j'ai été heureux.

Il est également intéressant d'observer les réactions des parents. ;-)
Il y a ceux qui font une confiance aveugle à l'école et donc au directeur. Ceux là j'essaye de les faire participer à la décision, sachant qu'ils demanderont à leur gamin de faire comme monsieur le directeur il dit.
Il y a ceux pour qui l'école est une forme de Terre Promise et qui, contre toute évidence tentent de dire qu'un 06 de moyenne générale n'est pas un handicap pour passer dans la classe supérieure, qui quémande qu'on laisse une chance au pétit, qui ne comprennent pas que ça ne marche pas, mais qui avouent que le petit en question a un ordnaiteur et une gameboy dans la chambre avec lesquels il joue un peu trop. Trop souvent. Trop longtemps. Constamment. jusqu'à pas d'heure. Et que bien sûr il est fatigué le pauvre. mais qu'il va travailler. Hein que tu vas travailler ?
Il y a ceux pour qui l'école n'est pas sacrée. Parce que si tu bosses pas, tu te lèveras comme moi à 5h tous les matins et tu vas bosser, c'est moi qui te l'dis ! Tentative maladroite sans doute pour cacher la deception ou la rancoeur vis à vis de l'école qui n'a pas su tirer le gosse de la médiocrité quotidienne des parents.
Il ya ceux qui exigent des résultats de l'école et pour qui l'échec de leur gamin équivaut à un non respect de la mission de formation. Je n'en ai pas eu pour mon argent, vous n'avez pas rempli votre contrat, j'exige des compensations. Je les déteste. Je les méprise. Leur gamin, tout comme eux, devient un consommateur d'école. Ne respectant pas le savoir, ni celui qui le transmet. [je souscrits à 500% à cette remarque. J'en connais des comme cela, c'est insupportable, NDLR]
Il ya ceux qui vont faire travailler le gamin pendant les vacances, qui vont lui faire donner des cours de maths, qui ont un voisin qui est fort en anglais et un ami ancien prof de maths et qui vont acheter des cahiers de devoirs, transformer les vacances en bagne, en STO. Pour être au niveau le jour de la rentrée. Pour qu'il puisse passer dans la classe supérieure à tout prix, contre toute évidence, au mépris de leur enfant transformé en oie que l'on gave avant noël.
Il y a ceux qui promettent de supprimer le sport, la télé, le goûter, les copains, la copine, la gameboy, le MacDo pour que le gamin se mette à travailler.
Il y a ceux qui prennent la décision de redoublement comme une atteinte personnelle. Leur enfant ne peut pas être mauvais puisqu'ils l'ont éduqué, puisqu'ils l'ont fait. Il faut donc revoir votre décision car je connais mon fils, il ne peut pas être celui que les bulletins décrivent.
Il y a ceux qui prétendent connaitre l'école et portent des jugements sur la pédagogie du prof (ah le joli mot pour dire que le prof est nul) et qui - avant toute discussion préalable - m'expliquent avec un sourire satisfait j'irai jusqu'à la commission d'appel. Comme si cela pouvait me faire fléchir. Comme si cela devait me faire réfléchir . Comme si la commission d'appel était un tribunal pour proviseur.
Il y a ceux qui ont comparé avec les résultat du copain, des autres élèves, à qui on a dit que... qui ont entendu que... qui ont téléphoné à un autre parent d'une autre classe, d'une autre lycée et qui, forts de ces arguments improbables, pensent que les profs ont tort...
Il y a les fatalistes. Ceux qui rabaissent leur gosse, qui déclarent entre leurs dents serrées que c'est un bon à rien.
Il y a ceux qui idôlatrent leur progéniture, ceux qui défendent l'indéfendable, ceux qui attaquent les profs, le système, la société parce que c'était mieux avant et que de leur temps...
Il y a ceux qui sont muets et surpris d'être là, surpris qu'on leur demande leur avis, surpris de découvrir que leur gamin n'a pas travaillé parce qu'il avait toujours dit que ça marchait bien...

Sur 36 redoublements envisagés et proposés à l'issue des conseils de classe, il en reste 19 confirmés. Sans doute reste-t-il des regrets, des espoirs déçus, des colères rentrées parce qu'il est trop tard pour ré-écrire cette histoire vieille de 9 mois seulement. Sans doute qu'il aurait fallu, qu'on aurait dû... Mais finalement je crois que personne n'est parti avec, chevillé à l'âme, le sentiment d'une injustice. Je l'espère en tout cas... :mind:

la requête Google-à-la-con-du-jour : jeune fille de la mère de steevy.


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Les chiffres du jour

* 3314 signataires de la pétition.
* Plus de 427 billets en parlent.
* Plus de 105 blogs le soutiennent.
* 30 articles de presse et reportages (tous média confondus)
* 7070 personnes ont visité ce site, soit 900 visites par jour en moyenne.


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