Un léger mal de f…*

Je suis fière de moi ! Oui, oui. En tout cas, pas mécontente. Qu’est-ce qui motive cette soudaine allégresse ? Des courbatures dans les fessiers.
Cela faisait plusieurs mois (voire plusieurs années) que je voulais sortir mon vélo. J’utilisais ce mode de transport avant la naissance de Garance (elle a 6 ans et demi). J’ai arrêté à mes cinq mois de grossesse, parce que mon ventre devenait trop encombrant. Je n’arrivais plus à pédaler. J’ai donc garé mon vélo dans le local à cet effet. Depuis, je ne l’ai sorti que deux fois : quand nous avons déménagé et ce matin.

En fait, ce n’est pas tout à fait exact. Ma bécane est descendue de son crochet lundi. La semaine dernière, j’ai dit au Nôm que je lui demandais deux choses : réparer mon halogène dans la chambre (il me sert de lampe de chevet, je n’ai pas de table de nuit) et réviser mon vélo. Le week-end a passé, et je n’ai rien vu venir. Dimanche soir, alors qu’il était dans son bain, je suis venue lui reparler de mon vélo. Cela l’a fait rire.
Du coup, lundi soir, en rentrant du travail, j’ai eu la surprise de trouver sur le palier, le vélo, pneu gonflé, câbles de frein vérifiés, bref, prêt à reprendre du service (par contre, dans la chambre, c’est toujours le noir, mais bon…). Reprendre du service, oui, mais quand ? Mardi, ce n’était pas possible, puisque l’après-midi, je séchais le travail pour emmener Léone à la piscine. Mercredi, grosse journée de bouclage avec prévision de retour tardif (je ne veux pas rouler de nuit, en tout cas pas pour le moment, je ne suis pas du tout équipée). Restait jeudi.
Hier soir, j’ai donc recherché mon panier métallique. Il avait été rangé tel quel, avec l’antivol, des chiffons et un journal de l’époque (juin 1998). Dans un autre coin de l’appartement, j’ai retrouvé la clé de l’antivol, comme quoi, même si chez moi, c’est le bordel, j’arrive sans trop de mal à retrouver ce que je veux, même sept ans et un déménagement plus tard.

Ce matin, la pluie. Grimace. Je me lance, je ne me lance pas. Et puis j’ai repensé à un commentaire de maître Eolas sur un billet de Veuve Tarquine. Ça m’a motivé pour le coup. Si je commençais à tergiverser pour une petite fifine (une bruine en créole), qu’est-ce que ce serait cet hiver. Là, pour le coup, le Nôm faisait la tête. C’est qu’il s’inquiète pour moi et il n’a jamais trouvé raisonnable de pédaler dans Paris.
C’est donc armé de mon courage, de l’amour de mon mari et du casque vélo de ma fille aînée que je me suis lancée « dans Paris à vélo, on dépasse les autos, à vélo dans Paris, on dépasse les taxis... »
En fait, je n’ai pas dépassé grand monde. Et pourtant, cela roulait pas mal. Au début, tout allait bien, pistes cyclables, pas beaucoup de piéton dessus (merci la pluie), je n’avais pas froid, ni chaud. Pas mal non plus. Petit stress place de Clichy que je n’ai pas tellement bien négocié, je m’y prendrai autrement la prochaine fois. En fait, mon souci, c’est que je ne sais jamais si je dois me mettre complètement à droite, ou à gauche, alors que je vais tout droit…
Je continue vers Rome (unique objet de mon ressentiment, bien sûr) en prenant la partie centrale. Ce n’est pas vraiment une piste cyclable, mais tous les cyclistes que je vois l’empruntent. Je dois juste faire attention aux quelques mémés à toutous qui sortent à cette heure-là.

A la station Rome (je te téléphone, Paris sous la pluie me lasse et m’ennuie, La Seine est plus grise que la Tamise, Ce ciel de brouillard me fout le cafard… chantait Barbara), je prends la rue du même nom (Rome), direction Pont-Cardinet. C’est nettement moins fréquenté qu’en passant par Villiers. Et surtout, tous les taxis me disent que c’est plus court. En temps de taxi, non, mais en kilomètres, ils ont peut-être raison. Je prends le boulevard Pereire nord et me demande comment je vais éviter la place Pereire qui, déjà, en voiture, me donne la nausée. Alors à vélo. En fait, c’est tout simple, j’emprunte une petite rue qui me conduit vers les boulevards des maréchaux et j’arrive tout schuss à destination. Heureusement, j’ai toujours beaucoup marché dans Paris, cela me permet de connaître de nombreux raccourcis.
Arrivée à mon bureau, je regarde l’heure sur l’ordi : 10h10. J’ai mis cinq minutes de moins qu’en métro, je suis un peu mouillée, mais j’ai prévu les vêtements de rechange. Je ne suis même pas fatiguée.

C’était le moment ou jamais. J’ai fait pas mal de marche pendant les vacances, je ne suis pas trop rouillée. Il n’aurait pas fallu trop attendre. Ce que j’escompte : des économies de tickets (même en demi-tarif, ça fini par chiffrer), un peu de muscle. Mon médecin l’a dit : j’ai un magnifique squelette, mais plus beaucoup de muscle pour le tenir en place. Si je fais le trajet quatre fois par semaine (pas les soirs de bouclage, je suis trop épuisée), au bout de l’année, je devrais avoir un peu plus de muscle et un peu moins de graisse. Et sans doute, moins mal au dos.
Bon, on va voir ce que le retour donne avant de chanter victoire.

Le soir. J’ai pris le chemin inverse mais en passant par la place Pereire. Avec les sens uniques du quartier, difficile de l’éviter. Je me suis fait un peu peur. En fait, j’ai des réflexes d’automobiliste. Comme je faisais quasiment tout le tour, j’ai voulu me mettre au centre. J’ai été vite cernée par les voitures et je me demandais comment j’allais me sortir de ce guêpier. Et puis il y a eu une ouverture, j’en ai profité. Par contre, j’avais trop chaud. Contrairement à ce matin, le soleil était de sortie. J’ai enlevé l’imper et je suis repartie. Je trouve ma selle extrêmement dure pour mon fessier, notamment sur les pavés. On croit toujours que c’est parce qu’on a des fesses rembourrées, qu’on est mieux installé que les autres. Que nenni, le tape-cul, c’est aussi pour nous. C’est vrai que mon vélo est une vieille machine, la couleur est un peu passée, il y a de la rouille à certains endroits. Mais au moins, je ne risque pas de me le faire voler (mais il ne passe pas la nuit dehors non plus). Par contre, point de vue confort, je me demande si quelque chose de plus moderne ne serait pas mieux. Si ça se trouve, pas du tout…

Je respecte scrupuleusement les feux. Au rouge, je m’arrête comme tout le monde. Ce n’est pas parce que je suis à vélo que je suis au-dessus du code de la route. J’ai donc été doublée par une petite nénette sans casque, avec un siège pour enfant (vide heureusement) qui a passé tous ses feux au rouge. Bon, j’ai fini par la perdre de vue. Mais tant que je ne perds pas la vie, peu me chaut.

Grosse satisfaction rue de Rome : un énorme nuage jaune gris et rose au-dessus des statues du toit de la gare Saint-Lazare. Et le soleil descendant sur les façades. Mais il ne faut pas que je me laisse trop distraire du trafic.
Sincèrement, les voitures, je les ai trouvées plus cool qu’il y a sept ans. Je ne dirai peut-être pas cela tout le temps, mais il n’y en a pas une qui m’a collée en me doublant. Auparavant, c’était quand même folklo.
Place Clichy, comme une lettre à la poste.Dans ce sens-là, ça monte légèrement, mais j’ai trouvé que c’était plus facile à négocier. J’ai toujours un problème de trajectoire par contre. Il faut vraiment que j’étudie cela plus sérieusement.
J’ai monté la côte de ma rue (je suis à Montmartre, n’oublions pas) sans mettre pied à terre, ce dont je ne suis pas peu fière parce que ça n’a pas toujours été le cas autrefois.

Conclusion : je recommence demain, bien sûr. Mais il faut que je m’habille autrement. Mon pantalon n’est pas assez long (il m’arrive mi-mollet) et trop large. Quand je pédale, la jambe droite remonte (la jambe du pantalon, pas la mienne, enfin la mienne monte aussi, mais elle redescend tout autant) et elle accroche le levier de vitesse. Le plateau change tout seul, ce qui la première fois est assez désarçonnant et casse-gueule. Ensuite, c’est fatigant. Mon imper ne me protège pas de grand-chose. Il faudra que j’investisse dans un vrai vêtement de pluie (mais dans lequel on en ne transpire pas trop). Enfin, il faut que je m’achète un truc pour être vue. Parce que cet hiver, je rentrerai de nuit. J’ai une lampe (qui marche à pile, je n’aime pas les dynamos). Mais elle ne sert pas à grand chose. Pour être vue, il y a plus efficace.

Bon, si mon blog condescend à remarcher un de ces quatre, vous aurez peut-être la chance de lire cette note…
Eurêka, il remarche après être resté bloqué toute la journée. Je me languissais…
(*) Les trois points de suspensions sur le titre sont juste là pour ne pas attirer outre mesure le chercheur de cul sur gogol. Le titre est donc bien "un léger mal de fesses"

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