Vence Carnet

Vous avez remarqué ? Quand on est plusieurs et qu’on s’amuse bien, il arrive toujours un moment où l’un d’entre nous dit : « Il faudrait faire ceci et cela. » Mais les jours passent et personne ne fait rien. Alors j’ai décidé d’agir pour éviter que cette règle ne sévisse aussi ici.

L’idée est partie d’une bonne blague que nous nous étions lancé, Aude dite Orium, Chonchon et moi, un soir de ce beau juillet que nous avons passé à Vence. Nous avions quelques échos du pique-nique qui devait réunir un nombre appréciable de blogeurs le lendemain à Paris. Et nous avons décidé qu’il n’y avait pas que la capitale (pour deux Parisiennes de naissance, c’est quand même un comble !), qu’en province aussi, on s’amusait bien entre blogeurs. Nous avons donc décrété, en ce 30 juillet au soir, le premier Vence Carnet ouvert.

Bon, des Vence Carnets, on peut dire qu’il y en avait tous les soirs puisque nous étions toujours les mêmes à dîner ensemble sur la terrasse de notre belle maison de location. Mais ce soir-là était un peu particulier. La bande était de sortie.
Car bien sûr, il n’y a pas qu’à Paris que des blogueurs se réunissent autour d’une bonne bière. A Vence aussi. Vence, Alpes-Maritimes, quinze mille habitants l’hiver, beaucoup plus l’été, sa vieille ville, sa place centrale avec ses platanes et son festival. Vous ne connaissez pas ? Vous avez tort. D’abord, parce que la cité est ravissante, ensuite parce que les gens du cru sont charmants. Enfin parce qu’on a la chaleur du Sud sans la sensation d’étouffement des villes comme Nice ou Cannes. Et puis Vence, ce n’est pas une cité qui se la pète. On sait y accueillir le chaland et lui donner envie de revenir.
Bref, ce soir-là, nous étions au moins trois blogeurs pour assister au festival Nuit du sud. Il y en avait sans doute d’autres parmi l’assistance, mais l’idée du Vence Carnet ayant germé après la deuxième ou troisième bière, nous n’avons pas eu le temps de lancer un cri de ralliement.
Trois blogueurs, soit, mais pas des moindres. Avec les amis et les enfants, nous étions tout de même treize, ce qui commence à faire. Et nous, nous ne nous sommes pas contentés de descendre des bières en papotant. Nous n’avons certes pas chômé de ce côté-là. Mais le programme était autrement corsé. D’abord, nous avons suivi une Master Class de salsa. Vous avez remarqué qu’on ne dit plus cour ou leçon, mais Master Class, avec un grand M et un grand C, pour tout et n’importe quoi. Cela fait sans doute plus riche. Cela vous pose un prof. Pourtant, en lisant le programme, on est tout étonné de découvrir le nom d’un parfait inconnu, même pas cubain de surcroît.

Vence Nuits du Sud
Les Masters Class vus par ma nièce Célia


Le prix de ces stages en était assez élevé (l’effet plus du mot Master Class sans doute). Nous avons assisté à la fin. C’était assez beau à voir. Ça donnait presque envie. Au final, tous les spectateurs furent invités à entrer dans la danse et nous voilà à nous trémousser, un pas en avant, un pas en arrière, deux pas chassés sur le côté, tout cela sur un rythme endiablé. J’ai fini par aller me rasseoir. Mes genoux qui ont du mal à supporter ma lourde carcasse (j’ai pris un peu de poids ces derniers mois) commençaient à me traiter de tous les noms. Mais Aude, et une de ses amies, s’en sont données à cœur joie. Désolée, je n’ai pas de photo. Je prends peu de clichés quand je danse, même mal.

Vence Nuits du Sud


Ensuite, nous nous sommes sustentés. Car s’il est bon de boire, il est également bon d’éponger. Et nous avons assisté à deux concerts. C’est là tout le charme des Vence carnet quand ils ont lieu pendant le festival : pour la modique somme de 15 euros par adulte (c’est gratuit pour les enfants et il y a un tarif réduit pour les étudiants, les chômeurs, etc.), on peut assister à deux concerts. J’ai bien dit deux. Pas un concert et sa première partie. Non, deux ! Pour 15 euros. (Oui, j’insiste, mais ce n’est pas à Paris qu’on verrait ça, ce qui est bien dommage d’ailleurs).
Vous me direz, pour cette somme-là, on ne doit pas avoir des groupes bien fameux. Détrompez-vous, la programmation est formidable.Sont passés, entre autres, cette année Yuri Buenaventura, Noa, Charlélie Couture, Ilena Barnes, Matmatah, Mano Solo, Lokua Kanza, et les formidables Afro Cuban All Stars (là, j’aurais payé plus cher pour être présente ce soir-là, mais nous étions déjà rentrés à Paris).

Le soir où nous nous sommes réunis, nous avons eu droit à un chanteur brésilien et son groupe, Totonho e os Cabras, et aux gigantesques, aux merveilleux, aux fondamentaux Sierra Maestra (oui, j’aime la musique cubaine !).
Par contre, j’aime moins cette musique brésilienne-là. En fait, ça dépendait des morceaux. Parce que Totonho, ce n’est pas un style, mais une multitude de styles : techno, rap, hip hop, bossa, funk, il y en avait pour tous les goûts. J’ai regretté de ne pas comprendre les paroles, parce que vu le personnage, elles doivent être intéressantes. Certains morceaux étaient fabuleux, d’autres me cassaient vraiment les oreilles.

Nuits du sud


Pendant ce temps, une partie de notre groupe dansait, les enfants couraient dans tous les sens, entre deux mouvement de croupe, on s’asseyait pour papoter un brin. Et c’est là, que, soudain, ma sœur (pour les distraits, ceux qui débarquent, Aude dite Orium est une de mes sœurs) m’agrippe le bras et me crie dans l’oreille : « Regarde, on dirait Coloc’ ! »
J’ai dû avoir la mine ahurie, car elle s’empressa d’ajouter :
– Mais si, regarde sa chemise. »
Il faut que je vous précise qu’il y a à Toulouse une blogueuse qui partage son appartement avec un garçon qu’elle nomme dans ses billets Coloc’. Cette célèbre personne fait participer ses lecteurs à des jeux tout à fait ébouriffants qui consistent à regarder des photos de pièces de tissus et à deviner à quoi elles peuvent bien servir. Dans l'un de ses derniers jeux, figurait un tissu digne des plus beaux pagnes tropicaux, lequel était en fait une des chemises du fameux Coloc’. Eh bien la même chemise, ou sa petite sœur, se promenait sur le dos d’un monsieur blond, ressemblant un peu à Klaus Kinsky. Nous étions à peine revenue de notre surprise, que l’homme et la chemise avaient disparu. Impossible de lui courir après, trop de monde. Et puis, pour lui dire quoi, franchement ? « Je connais votre chemise, je l’ai vu sur le blog de Samantdi (oui, oui, c’est bien d’elle dont il s’agit). Si la chemise était celle de Coloc’, cela pouvait passer. Si c’était celle d’un parfait inconnu, c'est nous qui passions… pour des andouilles. Nous sommes donc restées tranquillement sur notre chaise, avec quelques regrets au cœur quand même.

Nuits du sud
Non, Chonchon n'appelle pas au secours, il fait juste un peu le pitre !

Le concert de Totonho et de ses chèvres s’est terminé. On nous a demandé un peu de temps pour la mise en place du groupe suivant. Normalement, cela ne dure qu’un quart d’heure, une demi-heure à tout casser. Là, ce fut plus long. Chonchon, qui connaît tout le monde de ce côté-ci de la Méditerranée, nous a expliqué que Sierra Maestra venait juste d’arriver, qu’ils avaient été pris dans les embouteillages, qu’ils n’avaient pas pu faire la balance. Nous avons donc refait une tournée de bière (je rassure les âmes sensibles, les petits étaient au Coca, cela dit, je ne sais pas si cela rassure vraiment).
Plus le temps passait, plus les loupiots s’éteignaient. Célia, ma nièce, habituellement montée sur ressort, ne sautait plus partout. Chani, sa sœur, geignait dans les bras de Chonchon (encore une précision pour les distraits, mais c’est la dernière, parce qu’il ne faut pas exagérer, Chonchon est le chéri d’Aude Dite Orium). Les enfants des amis n’étaient guère plus vifs. Ce qui amena les deux tiers des blogeurs à décider un repli stratégique vers la maison. C’est ainsi que s’acheva le premier Vence Carnet.

Nuits du Sud


Mais pas ma soirée. J’étais venue pour Sierra Maestra, je verrai Sierra Maestra, dusses-je m’endormir sur place ! Mes filles, questionnées sur leur état de fatigue, décidèrent de rester avec leurs parents. Nous étions en train de papoter quand le couple de personnes âgées (plus que moi en tout cas) à qui nous avions prêté des chaises pour attendre car la station debout leur était pénible, se redressa d’un coup, nous remercia pour notre accueil et fila vers la scène. Le concert commençait. Ces deux-là avaient fait des kilomètres pour voir les Cubains, et ils voulaient les voir et les entendre de près !
Je me suis levée à mon tour pour aller prendre quelques photos puis suis revenue vers ma chaise. Léone s’installa alors sur mes genoux pour me faire un câlin. Et s’endormit. Difficile, dans ces conditions, d’aller danser. C’est donc le cul sur ma chaise que j’ai regardé l’intégralité du concert. J’étais assise, mais je peux vous dire que je n’étais pas immobile. Impossible de rester de marbre avec un son pareil ! Autour de moi, il y avait les élèves des Master class qui mettaient en pratique leur savoir faire. C’était assez beau à regarder, notamment une jeune femme, enceinte jusqu’aux yeux, mais qui dirigeait le groupe avec une autorité et une science assez étonnantes.

Nuits du sud


Un morceau m’a particulièrement mise en joie. L’un des chanteurs du groupe l’a présenté comme un jeu. Il s’agissait de décider si c’était une pièce écrite pour le tres (petite guitare à trois cordes) ou pour la trompette. Avec ce prétexte, nous avons eu droit aux impros des deux musiciens d’une virtuosité sidérante. Ce qui me passionne dans toutes les musiques ou l’Afrique revendique son influence, c’est justement cette part de l’improvisation à partir d’airs connus de tous. On la retrouve dans le jazz bien sûr, mais aussi dans le gwo ka guadeloupéen, le bel air martiniquais, le rap, le hip hop, le blues…

Toutes les bonnes choses ayant une fin, le concert s’acheva sous les applaudissements frénétiques de la foule en délire. Mais il y eut peu de rappel. Le présentateur de la soirée nous raconta que les Sierra Maestra avaient donné un concert à Bâle la veille, qu’ils avaient pris la route le matin même en bus et qu’ils avaient été pris par les embouteillages dans la vallée du Rhône. Ils avaient fait quelque quatorze heures de route. Ils demandaient grâce. La foule commença donc à s’éparpiller quand les lumières se rallumèrent et le fameux groupe revint sur scène ! Pour deux derniers morceaux. À ce moment, ce ne fut plus du délire, ce fut de la transe !

Quand ce fut vraiment fini, les serveuses de la terrasse commencèrent à ranger tables et chaises. Elles furent d’une efficacité redoutable et bientôt, il n’y eut plus que les papiers gras et les feuilles mortes autour de moi. Avec mon bébé dans les bras, elles m’avaient ménagée. J’attendais le Nôm avec impatience pour me libérer de mon fardeau. Entre-temps, Lou était partie du côté de l’entrée des artistes. Elle revient tout excitée, me demandant de l’accompagner. Elle voulait faire signer des autographes aux membres du groupe qu’elle avait repéré et elle voulait que je l’accompagne.
– Tu n’as pas besoin de moi, lui dis-je en souriant.
– Mais si maman, moi, je ne sais pas parler espagnol. Toi si.

Nuits du sud

J’avais oublié ce détail. J’ai horreur de faire cela. Aller déranger des gens qui viennent de faire une telle performance, qui retrouvent leurs amis, leur famille, pour leur faire signer un bout de papier. Mais ma grande avait l’air d’y tenir. Je l’ai donc accompagnée. Nous avons d’abord rencontré le trompettiste. Un grand et magnifique tout jeune homme, 20 ans à tout casser, mais déjà un beau talent. C’est lui qui a suggéré que je les prenne en photo, Lou et lui. Garance s’est ajoutée au groupe, toute émoustillée. Avec sa plume et son top relevé qu’on lui voit le nombril. Puis nous avons rencontré les autres membres de la troupe, que nous avons pu remercier pour le bonheur qu’avait été leur concert. Ils étaient charmants. Nous étions presque des leurs. Cuba fait partie des grandes Antilles. Nous sommes rentrés à la maison. Sur la terrasse, Chonchon, Aude et sa copine buvaient un dernier ver. Nous avons envoyé les filles se coucher et nous nous sommes installés pour deviser en buvant du rosé ou du Coca-Cola. Ça nous changeait de la bière.

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