Le premier mercredi du mois c'est…

Paris Carnet ! Hier soir, j'ai donc emmené le Nôm et la petite dernière. Une situation un peu particulière, mais pas désagréable non plus. La difficulté : passer de table en table. Je ne peux décemment pas laisser tomber ma petite famille. Avantage : j’ai une bonne excuse pour ne pas le faire, vu que j’ai horreur de ça. Voilà, je suis timide. Même si ça ne se voit pas au premier coup d’œil. J’hésite à me poser à une table et à dire : « Bonjour, t’es qui toi ? » à des personnes à qui je n’ai jamais causé auparavant.

Nous sommes donc entrée à La Passerelle, lieu de tous mes Paris Carnets jusqu’à présent et que j’aime bien à deux trois détail près.
Nous tombons tout de suite sur Tarquine que la petite est très heureuse de reconnaître au milieu de tous ces gens qu’elle n’a jamais vus. Elle aurait sans doute préféré qu’elle soit accompagnée de Tarquinou. Mais celui-ci doit dormir du sommeil du juste, d’autant qu’il est malade. Ce n’est pas parce que je dévergonde mes enfants que tout le monde est obligé d’en faire autant.
Arrivée au bar, je salut Mme Kozlika, la maîtresse de nos jeux avec laquelle j’échange les trois mots que nous avons l’habitude de nous dire à chaque Paris carnet : « Bonjour, tu vas bien, et l’hôtel ça va ? » Oui, je sais, cela en fait un peu plus de trois. Mais en créole, quelques se dit deux-trois (deu-twa), alors… Curieusement, dans ce Paris Carnet si parisien, il sera beaucoup question d’un hôtel sis sur la côte normande, à Houlgate plus précisément.
Nous commandons des boissons, bières Aflighem pour le Nôm et moi et Coca pour la pequena. Le Nôm fait la moue. Comme d’habitude, il n’a pas les yeux dans sa poche et remarque immédiatement que les vers qu’on nous sert ne sont pas entièrement tirés de la pression, mais rempli à partir d’un pot posé à côté. Il a raison, c’est moyen.
Quelqu’un me tire la robe. Je me retourne et ne le reconnaîs pas. Il se présente, mais dans le bruit, je n’arrive pas à entendre sa réponse. Je suis obligée de lui faire répéter plusieurs fois. J’ai parfois l’impression de devenir sourde… J’arrive enfin à comprendre : Gluon, ce cher Gluon, cet adorable Gluon que j’ai virtuellement rencontré sur U-blog. J’étais vraiment ravie de le connaître en chair et en os. A coté, Cossaw et son bon sourire. Je les ai laissés à leurs assiettes en me promettant de venir discuter plus tard avec eux.
Nous trouvons à nous asseoir à une table juste à coté du bar, la petite peut déguster son Coca sans risquer de s’en mettre partout. L’une des jeunes filles qui y est installée est en grande discussion avec un escogriffe, plutôt joli garçon, le terrible (c’est lui qui vient de le dire) Michel V. L’autre demoiselle dit débuter dans le monde du blog et s’appeler Artefact (enfin son blog, pas elle. J’imagine que ses parents ne lui ont pas joué ce vilain tour). Je sens qu’elle va continuer, en tout cas, je l’y encourage. Ses catégories sont tout à fait intéressantes : Alambic à théories fumeuses ; Bécher à bouillon de culture ; Centrifugeuse à grosses colères ; Eprouvette à relations humaines ; Microscope à états d’âme… Tout un programme.
Dès que la première a terminé sa discussion, les deux se lèvent et changent de rue. J’espère que nous ne les avons pas fait fuir. J’aurais bien aimé en savoir un peu plus sur elles (il me semble que la première des deux est Mélie, mais difficile de vérifier).

Mel’O’Dye nous rejoint. Nous parlons évidemment de ce mystérieux hôtel normand. Elle connaît bien l’un des pensionnaires, mais ne m’en dit pas plus. Je ne lui demande rien d’ailleurs, c’est bien plus drôle comme ça. Par contre, elle me révèle l’identité d’un des clients. J’en suis toute surprise. Ha ça, si je m’y attendais ! Elle m’indique également où est installée Vroumette. Je la reconnais de toute façon. Des mères de famille, dans l’assemblée, il n’y en a pas tant que cela :-). Elle est en grande discussion avec François Granger et avec un faux blogeur du nom de Dominik. Je la hèle :
– Vroumette !
Elle lève la tête genre : « Qui me parle ? »
Je lui fais un grand signe et lui crie en lui tendant les bras :
– Racontars !
– Racontars, oui !!!!
Elle se lève avec François et les deux viennent nous rejoindre. Nous échangeons quelques propos et nous décidons de nous installer à leur table. François nous laisse pour aller discuter avec d’autres blogeurs. Il joue bien le jeu, lui. Mais Vroumette et moi sommes bien trop heureuses de nous découvrir pour ne pas suivre son exemple. L’avantage aussi, c’est que le Nôm peut de temps à autre participer à la conversation et donc ne pas totalement s’ennuyer.

A un moment, quand même, je me déciderai à lever mes fesses pour commander des boissons. Bières pour les grands, jus d’orange pour la petite. Au bar, je rencontre à nouveau Cossaw et Gluon. Nous convenons de passer plus de temps à papoter la prochaine fois. Mais vraiment, je suis contente de les voir et d’avoir pu, pour une fois, échanger au moins quelques mots avec eux.
Le barman sert les bières et le jus d’orange. J’ai la surprise de le voir sortir une brique de jus d’orange reconstitué et d’en remplir le verre. Au prix pratiqué, avec la vocation du lieu clairement écolo et altermondialiste, je pensais que les jus seraient plus naturels, au moins servis en bouteille…

De retour à ma table, je regarde l’assistance. Il y en a que je crois reconnaître, mais que je n’ose pas héler parce que je ne suis pas sûre que ce soit eux et que j’ai horreur de me gourer. On a sa fierté. J’ai tout de même osé dire bonjour au Capitaine. Je le lis de temps à autre avec soit beaucoup de plaisir soit beaucoup d’agacement. Je déteste la polémique, je la supporte très mal. Un vieux reste d’enfance pas digérée. Sinon, franchement, quel personnage !

Une cloche sonne. Lisbeï prend la parole. Ce n’est pas habituel dans ce genre d’assemblée. Mais la cause n’est pas non plus habituelle. Ce soir, il manque quelqu’un, qui ne sera pas là non plus au prochain Paris Carnet, ni au suivant. Tom est parti. Il avait une santé fragile, il est mort d’une crise cardiaque, à 23 ans. 23 ans !
Je l’avais croisé lors de mes deux premiers Paris Carnet, mais je n’avais jamais eu l’occasion de parler avec lui. Il souriait beaucoup et ce sourire, déjà, est inoubliable.
A la fin du discours de Lisbei, nous avons applaudi. Et si nous n’avons pas levé nos verres à la mémoire de Tom, c’est que ceux-ci étaient vides et que cela eut été trop triste.
Vers 11 heures, la petite n’en peut plus de fatigue. Normal, elle est déjà sortie hier soir. Elle veut rentrer à la maison. J’échange encore quelques salutations, notamment avec le frère de François Granger qui nous certifie que si son personnage de l’hôtel des blogeurs est découvert, il quittera le jeu. Ce qui l’amuse, c’est d’écrire de façon totalement incognito. Nous croisons Laure que j’espère pouvoir mieux saluer la prochaine fois, et Mouche a qui je dis tout le bien que je pense de ses photos sur les Barbies des rues. Léone fait de gros bisoux à Tarquine et Vroumette pendant que je saluais Me Eolas. Et nous partons vers d’autres aventures.

Je ne serai pas du Paris Carnet d’aout, vacances oblige. Mais à celui de septembre, certainement. J’en aurai alors du monde à voir, surtout que je ne serai pas seule. Non, je ne pense pas que le Nôm soit de nouveau de la partie ? Quant aux filles, elles auront école le lendemain et seront donc au lit. Mais une de mes sœurs sera à Paris… A voir si on se la joue façon Demoiselles de Rochefort.

Bonne vacances Paris Carnet.

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