Le bal des débutantes 6

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Régulièrement, je me faisais draguer par des garçons qui essayaient de me faire croire que baiser avec eux était le chose la plus urgente à faire. Je tergiversais. Pas que je n’avais pas envie d’essayer, bien au contraire, le plaisir physique est une promesse de délices, mais je doutais qu’eux, justement, puissent m’en donner, du plaisir…
moi porte

Et puis un jour, ou plutôt un soir, j’en ai eu assez de dire non. J’avais 19 ans, la plupart des filles de ma connaissance étaient déjà « passées à la casserole » (quelle délicieuse expression, n’est-il pas ? Elle me rappelle un délicat camarade de mon père qui disait toujours : « Les femmes des copains, c’est sacré, faut qu’elles y passent. » Il parlait lui aussi de sa casserole). J’en avais marre d’avoir peur (il paraît que ça faisait mal et j’ai horreur de la douleur). Il fallait en finir.

J’étais en première année à la fac d’espagnol. Je fréquentais nombre de réfugiés politiques chiliens eou argentins, chassés de leurs pays par les dictatures et la répression féroce qu’elles instauraient. Ces garçons-là avaient à nos yeux une aura particulière. Ils avaient été victime d’une des plus sanglante répression qui soit, ils avaient sauvé leur peau de justesse, ils avaient connu la geôle et la torture. Pour nous, petites bourgeoises romantico pouet pouet, ils étaient des héros. Et ils avaient un peu tendance à profiter de la situation. Le charme du latin Lover…
Ne vous demandez pas comment j'ai acquis mon niveau en espagnol...
Et puis on s'amusait bien avec eux. Ils avaient effectivement, comme beaucoup de rescapés, un goût de la fête et un sens de la solidarité que je n'ai pas beaucoup retrouvé ensuite. Souvent, l'un d'entre eux organisait un repas, comme au pays, tout le monde était invité à condition de venir les bras chargé de victuailles. J'avais l'habitude, chez mes parents, c'était aussi comme cela. Qu'est-ce que j'ai pu dévorer comme empanadas (j'adore ça). On écoutait la musique des Quilapayun, des Parra…
Il y en avait un, un gamin, comme moi, mignon avec sa tête d’amérindien. Il était gentil. Il avait l’air doux. Nous étions sortis plusieurs fois au cinéma ensemble. Ce soir-là, il m’a proposé de venir chez lui. J’ai dit oui. Il m’a emmené dans une banlieue inconnue et lointaine (ça m’avait vraiment paru le bout du monde). Je n’étais pas très fière. Mais quand je suis arrivée dans l’appartement, ce fut pire. Ils étaient quatre ou cinq à partager ce logement HLM en piteux état, dont une famille avec deux jeunes enfants. Ça sentait les couches sales. Dans la salle de bains, une douche qui ne fonctionnait pas, un lavabo cradingue, des WC qui l’étaient tout autant. Dans sa chambre, un matelas jeté sur le carrelage et des draps tristes et froid. Mais dans quoi vivaient-ils, ces universitaires qui avaient sans doute, là bas, des maisons confortables… MAis ce soir-là, je ne me suis pas arrêté à ça.
Autant vous dire que la nuit ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. J’ai eu froid, je n’ai pas senti grand chose, je n’ai même pas eu mal. A la décharge (c’est le mot !) de mon compagnon, il devait être à peu près aussi novice que moi. A charge, il m’avait affirmé le contraire et avait trouvé ça, lui, très bien. Je me suis enfuie à l’aube, dès que j’ai été sûre d’avoir un moyen de transport. Je suis rentrée chez mes parents et me suis pris un bain de deux heures, dans la salle de bains parentale. Assez curieusement, j’étais plutôt contente. J’étais devenue une vraie femme. Je ne connaissais rien à l’amour, loin s’en faut, mais je n’étais plus vierge. L'être encore à mon âge, c'était une tare. Je n’ai jamais revu cet amant d’un soir. Je n’en avais aucune envie. Je n’étais pas expérimentée, mais je savais quand même reconnaître un bon coup d’un mauvais. Et je me doutais qu’avec son air satisfait de lui, ce jeune homme ne ferait quère de progrès. Le comble de l’histoire, c’est que lorsque j’ai récidivé, j’ai eu un mal de chien et j’ai saigné comme un cochon à la grande surprise du jeune homme à qui j’avais certifié que je n’étais plus vierge. Je n’ai pas eu besoin d’explication, j’ai vite compris que mon premier amant s’y était si mal pris qu’il n’avait même pas été foutu de me dépuceler. Vous dire si ça commençait bien !


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