E la nave va... ou pas

Mais qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour avoir des journées pareilles ? Cela est sans doute la même chose pour toutes les femmes qui travaillent, qui ont des enfants, un mari, des responsabilités. Ça ne me console pas. Je trouve ces journées épuisantes.

Cela fait plusieurs jours que le Nôm et moi surveillons les informations sur la SNCM. Il faut dire que nous étions censés prendre le bateau samedi soit prochain pour la Corse. Au moment d’acheter les billets, j’ai eu un doute : ils sont souvent en grève ces gens-là, non ? Mais bon, mon optimisme béat a fait que j’ai tout de même cliqué et acheté les billets.
Et mardi dernier, crac, la grève. Damned. Nous avons espéré que cela se tasse d’ici à fin de la semaine. Mais lundi, ça sentait le roussi sur le port de Marseille bloqué par les marins en colère et quelques dockers… La tasse. Dans l’après-midi, ces messieurs étaient de nouveau en réunion de négociation. Il y avait peut-être un espoir. Mardi, je n’ai pas bien suivi car j’étais enfermée toute la journée dans un bureau de vote. Et ce matin, patatras, le patron de la SNCM fermait tous les bureaux de Marseille. Sur le site, on demandait aux clients de prendre leurs dispositions.


Ce que j’ai fait illico. J’ai passé la matinée à essayer de téléphoner, en vain car les lignes étaient bien sûr saturées.
J’ai regardé les compagnies concurrentes. Elles ne partaient pas de Marseille (qui est tout de même plus proche de Paris que Toulon ou Nice), mais elles fonctionnaient. Alors j’ai acheté des billets Nice Ajaccio.
Oui mais voilà, il fallait tout de même me faire rembourser les billets précédents. J’ai réussi, après moultes recherches, à dénicher une adresse à Paris, je suis partie du bureau sans demander mon reste et j’ai filé au 12 , rue Godot de Mauroy. Et là, je suis tombée sur une queue de gens qui attendaient visiblement la même chose que moi.
J’ai pris mon mal en patience.
J’ai téléphoné au Nôm pour qu’il prévienne les filles que la séance de cinéma à 15 heures était mal barrée.
Je tournais et retournait mon ticket de métro dans les doigts. J’en ai fait de la charpie. Et puis ce fut mon tour. Je suis tombée sur une femme charmante, désolée par ce qui se passait, qui s’excusait. Elle m’a fait illico un chèque du montant total des billets. Ça a pris dix minutes.
J’ai compris du coup le calme que j’avais ressenti en arrivant malgré la foule des gens. Le personnel du bureau de Paris assure et assume.
Bref, je m’en sortais bien, avec des billets plutôt moins chers, mais quelques kilomètres de plus à faire, ce qui ne m’amuse pas plus que ça.
Cela dit, pour ce que j’ai cru connaître du conflit, je les comprends les marins. Cela fait des semaines que l’on entend, la gauche comme la droite, crier, hurler (à raison) contre la directive Bolkestein, et, dans le même temps, le Parlement français vote une loi qui dit exactement la même chose, mais qui concerne les marins.
D’après Reuters cité par Métro (je donne mes sources, moi, mais tout ce que j’ai lu va dans le même sens), « Cette réforme du pavillon français prévoit notamment l'embarquement sur les navires de 25 à 35% de marins issus de l'espace européen.
Le reste de l'équipage pourra compter des marins venus de tous les autres pays du monde, des marins qui seront rémunérés selon les grilles de salaire de leur pays d'origine : "Jusqu'ici, les marins naviguant sous pavillon français étaient rémunérés selon les normes françaises. Dorénavant, on veut permettre aux armateurs d'embaucher des marins à n'importe quel prix. Les marins français n'ont rien contre les marins issus de pays extérieurs à l'espace européen. Mais il faut qu'ils touchent les salaires appliqués dans notre pays. Je suis surpris qu'à l'heure où le président de la République monte au créneau contre la directive Bolkestein, les députés français votent un tel projet de déréglementation", explique Bernard Marty, secrétaire général du CE de la CGT à la SNCM. C’est-à-dire que non seulement, on autorise les patrons de ces compagnies d’embaucher des gens qui seront moins payés et moins protégés, mais en plus on les y oblige.
Un tel bradage des droits sociaux ne m’étonne guère de la part de ce gouvernement, mais son culot me sidère toujours. Fallait oser proposer cette loi en pleine affaire Bolkestein. Vous croyez qu’ils vont voter quoi au prochain référendum les marins de la SNCM ?

Bref, malgré la matinée d’angoisse qu’ils m’ont fait passer, je soutiens les marins de la SNCM. D’autant qu’à quelque chose malheur est bon. Au retour, nous arrivons à Nice à 17 heures au lieu de passer la journée en mer. Du coup, j’ai demandé à Aude Dite Orium si elle pouvait m’héberger. C’est d’accord, bien sûr. Je vais pouvoir la voir, elle et ses filles, faire enfin connaissance avec Chonchon (j’en ai de la chance) et voir ma Luciole préférée.

Là dessus, je rentre à la maison, les filles m ‘assaillent et me réclame leur séance de cinéma. J’ai l’estomac dans les talons et ne me sens pas de ressortir illico. Je transige : on va à la séance de 17 heures, et on ne va pas à la danse. Une corvée de moins pour moi. Une bonne heure de calme. Enfin, relatif. J’envoie les filles dans leur chambre. Le Nôm profite de ma présence pour s’éclipser. Je me retrouve seul avec mes diablesses. Elles s’entendent pour me faire tourner en bourrique. Enfin, on part, mais pas d’ascenseur. Nous sommes sorties juste au moment où le technicien faisait sa révision annuelle. Nous voilà bloquées sur le palier, on ne peut pas emprunter les escaliers, Lou souffre encore trop de sa blessure aux adducteurs (au moins, avec cet accident, je sais où sont ces muscles-là). Au bout d’un quart d’heure, enfin, nous descendons.

Arrivée au cinéma, je me dis que je vais piquer du nez. Je suis vraiment crevée. Et puis en fait , non. Le film y est pour beaucoup. Nous avons été voir Robots (robôtes, comme disent les branchouilles). Et je me suis bien marrée. C’est drôle, inventif, plein de péripéties avec quelques clins d’œil amusants. Je n’ai pas vu le temps passé à plonger ma main dans la boîte de pop corn et à rire. Il y a des moments plus pénibles. Il faut d’ailleurs que j’en remercie la magicienne d’Oz. Il n’y a qu’elle pour m’inviter moi et toute ma petite famille au cinéma tout en vivant à plus de 800 kilomètres de chez moi…

Il faisait beau quand nous sommes sorties. Un temps très agréable. Nous avons couru rue Lepic pour aller chercher des tirages de photos, puis sommes redescendus vers la place Blanche où les filles avaient l’intention de faire voler les derniers pop-corn qu’elles avaient gardés « exeprès ». Au milieu de la place, il y a une gigantesque bouche de métro. Ceux qui grimpent dessus ont les vêtements qui s’envolent dans l’air chaud. Pour jouer à Marilyn Monroe, il n’y a pas mieux. Mes gisquettes, elles, n’ont rien trouvé de plus drôle que de jeter dessus les pops corn et de les voir d’envoler d’un coup à trois mètres au-dessus de nos têtes.

Enfin, nous sommes rentrées à la maison. Garance s’est mise à pleurer comme une madeleine quand elle s'est rendu compte qu’elle avait perdu dans la rue un des gadgets donnés au cinéma. JE l’ai autorisée, accompagnée de Lou, a aller chercher mais dans la rue, pas plus bas. Entre temps, miss Lavomatic est arrivée. Je comptais lui acheter des bijoux dont elle a le secret. Garance est remontée, puis Lou. Elle avait fait chou blanc. Je les envoie au bain, quand je vois ma Garance débouler entièrement nue (ah non, elle avait encore sa culotte) dans le salon pour dire qu’une dame l’avait appelée de la rue pour lui dire qu’elle avait trouvé sa montre. Moi, c’est ce que j’aime dans ce quartier. Il y a toujours quelqu’un pour te rendre service. Lou est descendue chercher l’objet.
Avec Lavomatic, nous avons papoté une bonne heure autour des bijoux et d’un ti punch. Puis elle est repartie vers ses pénates. Il était 20 heures passées. A cette heure là, les princesses sont censées dormir depuis longtemps. Je leur ai concocté une dîner rapide à base d’œufs et de soupe. Lavage de dents, couchage, bisoutage, éteignage de lumière. J’ai fermé les portes. Je me suis appuyé sur la porte en faisant un grand ouf. Je file dans la cuisine me faire cuire un œuf. Je m’installe devant mon assiette : téléphone ! Pffff Et c’est quand que je soufle !
C’était ma collègue déléguée syndicale qui m’annonçait une grosse tuile. Allez hop, deux nouvelles réunions demain… Je vous le dis tout net, il est temps que je parte en vacances.
C’est à ce moment-là, que le Nôm s’est décidé à rentrer. Après la bataille. Pour lui, ce sera foot puis Equidia la chaîne du tiercé devant laquelle il va s’endormir. Punaise, c’est moi qui bosse, et c’est lui est crevé.
Enfin, moi j’écoute le Massilia Sound System et j’aime ça.


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