A la découverte de Tarragone

Mercredi, nous décidons d'aller visiter la vieille ville de Tarragone. Nous partons bras dessus bras dessous avec ma mère et les filles. Le plus facile moyen d'accès pour la haute (et vieille ville) quand on vient comme nous du bas, de la plèbe, c'est de passer par la Pedrera, un parking avec ascenseur, idéal avec les feignant ou les fatigués, ou les personnes âgées, ou les trois à la fois. On arrive en effet, sans avoir à grimper une rue escarpée, à destination. J'imagine qu'en plein soleil, c'est un itinéraire précieux. Mais aujourd'hui, il y a beaucoup de vent et le ciel hésite constamment entre nous offrir des nuages ou du soleil.

Nous traversons les Rambles Noves. Les ramblas (en espagnol, avec un e en catalan), se sont des avenues avec de larges passages piétons au milieu où les gens se promènent, traditionnellement (et en été) quand le soir tombe. Un peu n'importe quand en ce moment. Et nous entrons dans la vieille ville. qui est très belle.

Tarragone, bien qu'étant la deuxième ville de Catalogne , bien qu'ayant un port commercial des pus actifs (le pus grand de Méditerrannée, il paraît) et une raffinerie de pétrole, est classé patrimoine de l'humanité.

C'est ce que dit le texte de classement

Justification d'inscription :
Critère (ii): La ville romaine de Tarragone est d'une importance exceptionnelle dans le développement de l'urbanisme et de l'esthétique des villes romaines et servit de modèle aux capitales provinciales créées ailleurs dans le monde romain.
Critère (iii): Tarragone apporte un témoignage éloquent et incomparable sur une phase de l'histoire des terres méditerranéennes de l'antiquité.
Brève description :
Tárraco (l'actuelle Tarragone) fut une cité administrative et marchande d'une importance considérable pour l'Espagne romaine et le centre du culte impérial pour toutes les provinces ibériques. Elle fut dotée de nombreux édifices superbes dont des parties ont été révélées par une série de fouilles exceptionnelles. Bien que la plupart des vestiges visibles soient fragmentaires et souvent préservés sous des constructions plus récentes, ils offrent une image saisissante de la grandeur de cette capitale provinciale romaine.


Ce qui n'arrange guère les affaires des promoteurs immobiliers. Il faut dire que dès qu'il veulent construire un édifice quelconque, ils tombent sur des ruines datant des Ibères ou, plus récemment, des Romains, et ils ont alors l'obligation de stopper les travaux le temps que les archéologues analysent et répertorient tous le site. soit deux ou trois ans minimum. Et parfois, lors de trouvaille importante, leur espoir de construire un jour est réduit à néant. Mais bon, vu les ravages que cette engeance fait subir à l'Espagne ailleurs, je ne vais pas les plaindre.
La dernière trouvaille ne fut pas moins qu'un lac souterrain. c'est un particulier qui, voulant faire des travaux dans sa cave, est tombé sur un souterrain, lequel menait à un grand lac sous la roche de la taille de la vieille ville. C'était il y a cinq ou six ans. Pourtant, les Romains connaissaient et utilisaient ce lac. comment a-t-on fait pour l'oublier ?

Ayuntamiento - hôtel de ville


Nous arrivons place de la mairie et nous commençons à déambuler dans les rues piétonnières qui la bordent.
Ce quartier est essentiellement médiéval. Des ruelles, des maisons très joliment décorées, certaines en plein phase de réhabilitation. On voit des façades ocre rouge sur lesquels sont dessinées des courbes blanches formant des dessins géométriques ou représentant des personnages.


Fenêtre tarragonèse


Ce type de décoration est typique de la région. Pas forcément le motif, mais la méthode et la couleur, crépi ocre et décor blanc. On sent que la ville fait un gros effort. Il y a des travaux partout. Le précédemment maire ne faisait rien soit-disant, celui-ci entreprend un travail de titan, mais le résultat est là. Nous passons devant un bâtiment qui se révèle être une académie de musique. ce que j'en vois à travers la porte vitrée me donne envie de rentrer. Un large halle ancien avec des voûtes brisée, pur style gothique. les colonnes sont en marbre vert, dans une coin une fontaine magnifiquement décorée. au fond une large baie vitrée, encadrée par de vieux instruments de musique, donne sur les rues en contrebas (la ville monte, je vous l'ai dit).


Conservatoire de musique
Le conservatoire de musique pour la paix
Le hall de l'académie vu du fond et la fontaine.
Et puis sur une colonne, mais aussi sur la porte d'entrée et sur les panneau d'affichage, partout, des petites affichettes
.


La colombe de la paix. Il faut dire que si le gouvernement espagnol soutenait Bush, tel n'était pas le cas de la population du pays. Catalane en tout cas. Sur la plupart des façades, de grandes banderoles : No a la guerra, très démonstratives. Les manifestations ont été nombreuses. A Barcelone, tous les vendredi soirs, les gens descendaient pour donner un concert de casseroles contre la guerre. Et les spectacles faisaient un entracte particulier pour que les spectateurs puissent y participer. Chose inimaginable en France, on retrouve ces petites affiches sur les vitrines des magasins, de l'épicerie toute simple au magasin de chaussure de luxe. Même les vendeuses arborent des badges contre la guerre. Ça me rappelle que lors d'une manifestation contre la guerre, j'ai vu un Espagnole brandir une pancarte qui disait : « Aznar (le premier ministre), si tu veux du pétrole, va en Galice, pas en Irak. » La Galice est une magnifique région d'Espagne que je connaîs bien et qui a subit une très importante marée noire après qu'un tanker moribond se soit échoué sur ses côtes. Sans qu'Aznar, le Premier sinistre daigne se déplacer alors que le roi est accouru.

Au détour d'une ruelle, nous avons enfin découvert la cathédrale, une drôle de construction érigée sur un site où s'élevait jadis une mosquée (l'Espagne fut longtemps musulmane) et peut-être un temple romain. Elle est de style roman et gothique...

Ruelle vers la cathédrale Cathédrale de Tarragone
Pas évident à prendre à cause du contraste entre le ruelle assez sombre
et le parvis de la cathédrale en pleine lumière
.


Mais avant d'aller y voir de plus près, nous décidons d'aller déjeuner, l'estomac des filles criant famine. Nous choisissons une petite auberge au pied de la cathédrale justement. il y a plein d'endroit comme cela où on peut déjeuner pour pas cher des plats simples et bons. Fritz et moi commandons une paëlla. c'est une première pur lui. Les filles commandent du poulet et des frites. Elles se régalent et finissent leurs assiettes avant que nous soyons servis. Fritz s'inquiète, je le rassure en lui disant qu'au moins, elle est faite à la commande. Les filles pendant de temps jouent sur la place et se font remarquer.

Déjeuner à Tarragone Déjeuner à Tarragone


Léone fait du gringue au patron qui craque complètement. Du coup, elle aura droit à un supplément de dessert. En attendant voici notre paëlla qui est très bonne. Le ciel se découvre et se couvre à nouveau. Il hésite entre les nuages et le soleil. Pour le moment, c'est le second qui gagne et on a vite chaud. Mais pas pour longtemps. Quand nous nous levons de table, tout est gris. Nous n'en continuons pas moins notre promenade. Nous décidons de ne pas entrer dans la cathédrale. ce n'est pas un lieu commode à visiter avec trois filles turbulentes. Mais nous en faisons le tour. Ce qui s'avère plus long que prévu car l'imposant monument regroupe outre la cathédrale elle-même, un monastère cistercien, un séminaire. Le palais épiscopal est de l'autre côté de la rue. Pas mal non plus.
La rue qui longe l'édifice est bordée d'orangers qui croulent sous les fruits bien mûrs. Fritz et Lou ne résistent pas et celle-ci décide de grimper pour en prendre quelques unes. Ils ne les savoureront même pas, la première goûtée est, paraît-il, dégueulasse. Je rigole : bien mal acquis ne profite jamais !

Les orangers Les orangers
Un peu plus loin, nous regardons par une porte cochère un très bel hall d'entrée. J'aimerais bien en avoir un comme ça. Ça a de la gueule tout de même pour accueillir les invités. Et même juste que pour le plaisir des yeux.

Hall d'une maison
Une des maisons suivantes est vraiment curieuse : sa porte et ses fenêtres sont protégés d'épais tapis faits de cordes tressées. Pour le moment il est relevé, mais on imagine qu'ils peuvent être baissés à tout moment. Nous nous interrogeons sur l'utilité de la chose. Peut-être s'agissait-il tout simplement de la maison d'un marchand de corde. De chaque côté de la porte des coloquintes entreposées dans des paniers en fer servent de décor. C'est très joli.

Maison tarragonèse Maison tarragonèse


Nous entrons dans le cloître qui jouxte la cathédrale. c'est une vraie merveille.

Le cloître, ses grilles et oculis. Du pur romain qui tranche avec le style gothique de la façade. On ne pourra pas, hélas, en faire le tour. une partie est réservée aux visites payantes.


Le cloître de la cathédrale Le cloître de la cathédrale et le séminaire
Grille et oculi donnant sur le jardin du cloître. Au fond, le séminaire. Pas mal comme décor d'études..

Cathédrale de Tarragone
La cathédrale vue du cloître..


les chapiteaux sont finement sculptés de petites scènes pittoresques ou de méchants démons. Je me régale à les prendre en photo, grimpant à la grille pour être au plus près et avoir la lumière la plus intéressante. en grand, je vous jure que c'est du plus bel effet.

Léone a bien entendu trouvé le moyen de se faufiler et d'aller voir de plus près le bassin du jardin, suivie de près par Fritz en papa débordé mas qui en profite pour visiter et par les frangines qui ne peuvent pas se séparer longtemps de leur père. J'aurais dû suivre, mais je me suis dit que ça allait finir par se voir les resquilleurs :-))) Alors je suis restée à papoter avec ma mère sur les beautés de l'architecture cisterciennes.

On a fini par sortir de là non sans aller jeter un coup d'œil à la boutique des souvenirs. En fait une vraie boutique des horreurs. A vous dégoûter d'acheter quoi que ce soit. Et puis on est revenu à notre point de départ, la façade de la cathédrale.

C'est ce qui s'appelle un zoom :-)

Il me semble me souvenirs que les sculptures représentent les douze apôtres. C'est assez classique.

Une autre vue, avec au fond à gauche, un petit bistrot. Pas celui où on a été, il était fermé quand on est arrivés. Mais le décor est joli. Nous sommes repartis à l'assaut des rues de la vieille ville.

Mais il s'est mis à pleuvoir, les filles étaient fatiguées. Léone s'est endormie dans la poussette. Alors nous sommes redescendus vers le quartier moderne. Nous nous sommes arrêtés pour acheter des sandales aux filles (les chaussures sont moins chères là bas) et le Nôm en a profité pour s'en faire offrir une. Un vrai gamin.

Et puis nous sommes rentrés. Je ne sais pas à quoi j'ai rêvé cette nuit là. Mais je sais que j'ai sombré très vite. J'étais vannée.

PS: Si vous voulez en savoir plus

La cathédrale de Tarragone commença à être construite l'initiative de l'évêque Hugo à la fin du XIIe. Elle était presque achevée en 1287, même si certaines sculptures du portail ne furent terminées qu'en 1375. Entre deux ont été édifiés le transept (1230) et les voûtes de la nef (1272).
L'intérieur comporte trois nefs, à dominante gothique, soutenues par des piliers assez épais, flanqués de colonnes. Les chapiteaux adoptent des ornements très divers (corinthiens, historiés, mahométans...).

A chacune des nefs correspond une abside, de style roman. Les rosaces du transept datent du XIVè siècle. Le magnifique retable qui orne l'abside centrale raconte la légende de Sainte Thècle. Convertie par Saint Paul, elle fut persécutée avant d'être sauvée par une intervention divine. Elle est la patrone de la ville.
La façade est assez étrange, avec son fronton triangulaire.Elle mêle des éléments gothiques (portail principal et rosace) et des éléments romans sur les côtés. Deux piliers carrés qui s'achèvent en pyramide l'encadrent. Ils supportent 22 statues d'apôtres et de prophètes. Le cloître cistercien est situé au nord du chevet. Il communique avec la cathédrale par un portail roman qui se trouvait à l'origine sur la façade. Les chapiteaux sont soit historiés soit ornés de motifs floraux. Les oculis témoignent de l'influence de l'art musulman. La galerie encadre un grand jardin très agréable d'où on a une magnifique vue sur la tour lanterne de la cathédrale.

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